Certains clients ont une vision rétrospective des valeurs. Ils pensent que la seule façon d’utiliser des valeurs de vie est d’étudier, a posteriori, si telle ou telle attitude de leur part a été ou non conforme à leurs valeurs.
Et c’est vrai, la démarche est pertinente, parce que la plupart des conflits, si vous creusez assez profondément, se résument à une question de valeurs, ou de hiérarchisation de valeurs.
Par exemple, il a été assez simple, pour moi, de comprendre pourquoi j’ai eu du mal à accrocher avec ce patron de fonds d’investissement, il y a quelques années. Son discours au sujet des musulmans est entré directement en conflit avec l’une de mes valeurs fondamentales, celle de la tolérance.
Dans ce cas, la raison pour laquelle j’étais un peu mal à l’aise avec cette personne fut immédiatement évidente pour moi et je me permis de lui dire : « Je ne suis pas sûr d’être d’accord avec vous car, là où je vis, j’ai des amis musulmans qui sont très sympas et je suis presque sûr qu’ils n’ont jamais posé de bombe ».
Il a alors pris conscience de ce qu’il avait dit et a nuancé son propos : « Oui, évidemment, tous les musulmans ne sont pas mauvais ». Ce fut le début d’un rapprochement qui me permit de voir, par la suite, que ledit patron avait de nombreuses qualités.
Cet exemple cite un conflit évident en face à face. Certains sont beaucoup plus subtils et ne peuvent être repérés qu’après l’événement qui les ont engendrés.
Mais il y a de nombreuses autres façons d’utiliser vos valeurs pour améliorer votre qualité de vie et élever votre niveau de bonheur que de simplement analyser un événement passé.
Vous pouvez les utiliser soit pro-activement, soit, si elles sont bien ancrées, vous pouvez y avoir recours naturellement et, enfin, vous pouvez les utiliser rétrospectivement.
Et là réside la beauté et l’importance de comprendre vos valeurs : elles vous accompagnent constamment dans tout ce que vous faites et indiquent si vous êtes en mode pilote automatique ou en contrôle.
Je vais évoquer 4 de mes valeurs, sans ordre particulier, et expliquer comment je les utilise à mon avantage et dans quel contexte.
La valeur Paix
Quand je parle de paix, je veux toujours dire la paix de l’esprit. La paix dans le monde serait merveilleuse et j’y suis, évidemment, très favorable, mais à ce stade de notre développement, ça me semble encore prématuré de s’en faire un objectif à court terme.
Quoi qu’il en soit, la paix de l’esprit peut toujours être une réalité, peu importe les circonstances extérieures. Si vous la souhaitez, vous devez y travailler et persévérer.
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles je médite, mais la plus importante est d’essayer de cultiver la sérénité.
Les gens confondent parfois la sérénité avec l’apathie, alors qu’il n’y a aucun lien entre elles. La sérénité vous permet de conserver votre propre pouvoir personnel parce que vous décidez de réagir avec calme, peu importe les circonstances.
Cela ne signifie pas que vous ne serez jamais triste ou que vous serez dans un état permanent de bonheur, cela signifie simplement que vous ne passerez pas votre vie entière à réagir aveuglément à des situations, dont beaucoup ne sont même pas sous votre contrôle.
Pour moi, pour cultiver cette valeur, il me faut beaucoup de travail et c’est un travail qui ne finit jamais. J’ai certainement tendance à être sur la défensive et devenir grincheux si les choses ne vont pas comme je veux, mais la méditation et mon système de valeurs de vie m’aident à améliorer cet aspect de ma personnalité.
La méditation (ou devrais-je dire les méditations, car il en existe plusieurs formes) est une façon de renforcer la dimension innée de la valeur, dans ce sens que si l’on peut clairement voir et ressentir les effets bénéfiques de la méditation sur la paix intérieure, il est difficile d’en contrôler le processus précis. Pour moi, la méditation est un travail destiné à révéler l’inné, plus que de travailler l’acquis.
Le travail sur le système de valeurs laisse une plus large part à l’acquis. Il permet, en conscience, de trouver des pare-feu, des voies de substitution, quand l’une de ses composantes est en danger.
Pour prendre un exemple : je suis motard et en conséquence, vivant dans une grande agglomération, chaque déplacement peut être, pour moi le dernier. Il suffit, comme c’est déjà arrivé, qu’un automobiliste fasse une bêtise et que la chance ne soit pas de mon côté pour que je dise adieu à ce monde cruel…
De ce fait, j’ai tendance à l’agressivité quand cela arrive. Je vous laisse imaginer…
Les deux dernières fois où ça m’est arrivé : la première, une automobiliste voit une place de stationnement libre du côté gauche de la chaussée. Elle braque pour l’atteindre au moment où j’arrivais à sa hauteur… Je vous laisse imaginer le carton, mais bizarrement j’en sors sans une égratignure. Première réaction de colère intérieure de ma part. Puis je me rends compte que ma valeur « vie » est complètement intacte. Je deviens donc subitement joyeux au point que l’automobiliste, d’un air soupçonneux, me demande pourquoi j’ai l’air si content, comme s’il y avait une arnaque dans le fait de me faire renverser par elle. Je lui réponds « parce que je suis toujours vivant », ce qui la laisse sceptique…
La seconde : un automobiliste, alors que je suis sur la voie de droite, se rabat malgré mes avertissements lumineux en me serrant contre le trottoir. Je m’en tire tant bien que mal. Je reviens à sa hauteur, prêt à lui sauter à la gorge et commence à lui demander pourquoi il a fait ça. Il me répond simplement « parce que je ne vous avais pas vu ». Cette réponse me permet de me brancher sur ma valeur « tolérance ». Je lui réponds : « c’est vrai que ça peut arriver à tout le monde ». La pression retombe et je retrouve instantanément paix et sérénité.
J’ai utilisé ces deux exemples pour illustrer le fait que la paix intérieure n’est pas forcément, pour les gens peu doués comme moi, un état permanent et invariable, mais que, grâce à un système de valeurs suffisamment ancré en soi, il est possible de faire appel à d’autres valeurs pour y parvenir quasi instantanément. Le résultat est que l’on est plus heureux, en meilleure santé et plus efficace.