Contrairement à ce que laisse supposer le titre de ce post, le sujet ici n’est pas tant de vérifier si vous êtes un(e) perdant(e) ou pas, mais d’identifier des comportements parmi les personnes de votre entourage qui laissent penser que ce sont des perdants. L’identification de ces comportements vous permettra d’adopter des réactions en conséquence pour, soit comprendre qu’ils ont besoin d’aide (dans le meilleur des cas) ou ne pas vous lancer dans de mauvais combats, dans des conflits inutiles car, à la fin, ces personnes seront toujours perdantes, même sans votre intervention.

Je propose ici une liste de 7 comportements perdants qui, sans être forcément exhaustive, me semble reprendre génériquement un grand nombre d’erreurs qui mènent quelqu’un vers un résultat opposé à ce qu’il souhaitait initialement.

Ces 7 comportements sont les suivants :

1) Un perdant n’a jamais tort

J’insiste sur le mot « jamais », car il ne s’agit pas de nier le fait que l’on puisse avoir souvent raison, notamment sur certains sujets spécifiques sur lesquels on dispose d’une expertise particulière.

Nous avons tous en tête une multitude d’exemples de ces personnes qui préfèreraient mourir qu’admettre qu’elles ont tort. Même confrontées à l’évidence, elles vous inventeront n’importe quelle histoire, ou raisonnement alambiqué, pour justifier leur avis, décision ou réaction.

Mais pourquoi refuser d’avoir tort est-il un comportement perdant ?

La réponse tient en trois mots : isolement, irresponsabilité et confusion.

La première est donc l’isolement. Ne pas accepter d’avoir tort est, avant tout, une attitude évidemment égotique. Si je n’accepte pas d’avoir tort je me pose comme « moi » supérieur aux autres. En refusant systématiquement la pertinence d’un désaccord, je reste dans une vérité étriquée qui est censée s’auto-suffire, mais qui ne fait que m’appauvrir dans ma relation à l’autre. Cette dernière s’appauvrissant, je m’isole progressivement et m’affaiblis. Mes réalisations ne pourront être alors qu’à la hauteur de ma solidité personnelle, c’est-à-dire de faible envergure. Toute autre action sera vouée à l’échec.

De plus, ne pas accepter d’avoir tort est un signe évident de faiblesse. Si je dois absolument imposer mon avis aux autres, même lorsque j’ai tort, je ne l’imposerai qu’auprès des faibles. Les autres, n’étant pas dupes, ne se laisseront rien imposer du tout.

Les liens qui me relieront aux autres ne constitueront donc qu’un ensemble fragile car composé uniquement de maillons faibles, moi le premier. Dans ces conditions, rien de grand, ni de positif ou d’ambitieux ne pourra en sortir.

Vous le savez, le problème principal des personnes qui ont ce type de comportement est leur faiblesse personnelle qu’elles refusent d’admettre. Dans ces conditions, les contrer avec un avis opposé au leur n’aidera en rien, ni elle, ni vous. Vous pourrez lui expliquer par A + B pourquoi elles ont tort, cela ne servira à rien, si ce n’est à perdre votre temps.

2) Le deuxième écueil néfaste de ce genre d’attitude est l’irresponsabilité.

Le prolongement de n’avoir jamais tort est que, si un problème survient, je n’en serai jamais responsable ; ce sont les conditions extérieures qui auront changé par rapport au moment où j’ai eu mon comportement, ou que la faute revient à quelqu’un d’autre.

Or, si le problème vient de moi et que je refuse de l’admettre, je serai en incapacité totale de le résoudre. Je chercherai des solutions dans tous les paramètres de la situation, sauf le bon, ce qui me privera de toute solution efficace.

Il n’y a donc rien de plus dangereux pour une organisation, quelle qu’elle soit, qu’une personne mise en position de leader qui refuse d’avoir tort. Celle-ci ne parviendra pas à se mettre en responsabilité personnelle et ne pourra faire progresser son environnement. Les échecs s’enchaîneront aboutissant notoirement pour la personne sur des choses aussi réjouissantes que le chômage ou le divorce.

3) Enfin, le troisième écueil est la confusion entre réalité personnelle et réalité collective.

La personne qui ne peut avoir tort ne sait pas faire la différence entre sa propre réalité personnelle, la réalité personnelle de son entourage et la réalité collective.

C’est un défaut qui a ses bons côtés quand « les astres sont bien orientés » car cette attitude donne une capacité d’entraînement de groupe, de motivation des équipes vers un but bien identifié. La réalité du leader devient celle de ses équipes et génère une dynamique commune qui facilite l’atteinte des objectifs.

Cependant, lorsqu’un grain de sable vient s’insérer dans le mécanisme, le leader est incapable d’enrichir sa réalité personnelle de la réalité personnelle de ses équipes, ainsi que de la réalité collective de l’environnement.

Enfermé dans sa réalité personnelle, il ne sera pas en mesure de tenir compte des autres réalités. Se créera alors un décalage entre toutes ces réalités que le leader ne sera capable ni d’analyser, ni d’en tirer les enseignements. S’en suivront des prises de décisions erronées menant droit à l’échec du projet initial.

Alors que faire ?

Il vous faut accepter l’une des maximes majeures de coaching, à savoir : « un problème ne se résout jamais au niveau auquel il se pose ». Cette maxime signifie en l’occurrence que ce n’est pas la raison pratique du conflit avec une telle personne qu’il faut traiter, mais la raison pour laquelle elle adopte son attitude, à savoir sa faiblesse personnelle.

Si vous contrez avec des arguments « techniques » et mettez ce genre de personne dans un coin dont elle ne voit pas comment se sortir, au mieux elle abandonnera le combat, mais vous en voudra et risque de vous le faire payer un jour. C’est la meilleure façon de s’en faire un ennemi pour la vie.

La solution que j’ai maintes fois appliquée, en tant que coache de vie, est de poser des questions orientées sur le sujet abordé. Cette tactique permet d’amener la personne à reformuler son avis d’une autre façon qui, oh ! miracle, a évolué en tenant compte des variations suggérées par vos questions.

La personne n’a plus l’impression que vous l’avez dominée, mais qu’elle a trouvé d’elle-même une position beaucoup plus forte. Votre conversation l’aura renforcée à la fois dans son avis (qui n’est plus le même qu’au départ) et, plus important, par rapport à sa faiblesse personnelle. Elle en nourrira de l’estime pour vous et sera de plus en plus encline à vous écouter.

Tout le monde sera gagnant, même si vous ne désirerez pas forcément partir en vacances avec elle.