Entretenir une relation d’amour sur la durée, dans un couple, est compliqué pour tout le monde. Je ne vous apprends rien en disant cela.

Mon expérience de coach de vie me montre cependant que, parfois, les personnes se compliquent largement la tâche en la matière par manque d’un tout petit peu de recul.

Je recevais, il y a quelques jours, un homme d’une soixantaine d’année, en couple depuis près de vingt ans avec une femme. Ce couple venait de se séparer et l’homme était tout désemparé de cette rupture qui, évidemment, bouleversait largement tous les aspects de sa vie.

Il me raconte sa relation avec une femme très aisée matériellement (beaucoup plus que lui-même et le lui faisant sentir régulièrement), qui, ne supportant pas qu’il ait une activité artistique prenante, lui met des bâtons dans les roues continuellement à ce sujet. Il me dit que sa femme est boulimique, donc obèse, agressive et dévalorisante.

Lui-même, a contrario, est aux petits soins à l’égard de sa compagne : il lui apporte, tous les jours, son petit déjeuner au lit et satisfait à toutes les exigences d’un amour romantique et courtois, assorti d’une fidélité sans faille. Il va même jusqu’à l’aider concrètement dans sa vie professionnelle, sans en retirer la moindre rémunération. Il trouve toutefois cela normal dans une relation de couple et ne l’évoque que comme un constat, pas comme une performance susceptible de créer un déséquilibre en sa faveur dans la relation.

Malgré cela, après une dispute comme ils en eurent tant, la femme vire l’homme de leur logement et affirme ne plus vouloir jamais le revoir.

Alors, quel est votre opinion à propos de cette relation et de son évolution ?

L’homme se donne-t-il la part trop belle dans sa relation de couple ? Je sais, par ailleurs, que ce n’est pas le cas. C’est une belle personne, il est passionné par ce qu’il fait et n’est pas un affabulateur.

La femme, qui a vécu avec lui durant toutes ces années, est-elle une acariâtre égocentrique qui ne voit en lui qu’un domestique ? J’en doute un peu, car la relation n’aurait pas duré aussi longtemps et cela ne cadre pas avec le discours de l’homme, dans sa forme.

Je lui pose, alors, la question : « pour quelles raisons aimez-vous ou avez-vous aimé votre femme ? » La réponse est évasive, pas franchement déterminée et ne débouche sur pas grand-chose.

Je lui pose une seconde question : « pourquoi, selon vous, votre femme vous aime ou vous a aimé ? » Il me répond en répétant ce que j’ai exposé plus haut, à savoir que, selon lui, les raisons étaient ses attentions permanentes, son dévouement, etc.

Je lui pose alors la question : « voilà une femme qui lutte activement et désespérément contre votre passion, qui vous dévalorise, notamment mais pas seulement par rapport à votre situation financière, qui se suicide à la nourriture depuis des années, alors même que vous êtes doux et attentionné à son égard. Etes-vous en mesure de donner une explication rationnelle à cette situation ? »

Evidemment, il ne trouve pas instantanément d’explication, sinon il l’aurait trouvé, ainsi que la solution, depuis longtemps.

Ce que j’ai constaté, par ailleurs, durant notre conversation, c’est que ce monsieur est beaucoup centré sur lui-même – ce qui pourrait être normal dans un contexte de souffrance – et il n’a, à aucun moment, donné l’impression de se mettre un tant soit peu à la place de sa femme.

C’est un peu comme si, selon lui, dans une relation de couple, l’homme doit faire preuve d’un amour attentionné, romantique et courtois. Une fois ce devoir accompli, il a rempli ses obligations et la femme n’a qu’à être heureuse.

Bref, cet homme ne s’est jamais posé la question de savoir comment sa femme, elle, voulait être aimée.

Visiblement la femme vit dans un état de peurs permanent. Elle ne se rassure que par sa situation matérielle, sans parvenir à y puiser la moindre sérénité (le contraire eut été étonnant…), essaie de noyer ses angoisses dans la nourriture et toutes les attentions de son conjoint n’y changent rien.

De quoi aurait-elle besoin ?

D’un mec !

Je sais que cette réponse lapidaire peut heurter certains par son caractère follement schématique, mais elle a le mérite de provoquer un choc de conscience propre à recadrer promptement le fond du propos.

Je pense que tout le monde, à un moment ou à un autre, fantasme d’une relation romantique, exaltée et partagée. Toutefois, au quotidien, sur la durée, nombreux sont celles et ceux qui demandent autre chose à leur conjoint.

Comme, après quelques mois de séparation, de nouveaux contacts (pleins à la fois de rancœur et d’incompréhension, mais aussi de constat de souffrance mutuelle du fait de la séparation) étaient de nouveau possibles entre ces personnes, nous avons mis au point une stratégie d’actions pour tenter de remédier à toute cette souffrance. L’esprit de cette stratégie étant que l’homme s’affirme davantage en tant que « dominant » dans la relation de façon à être plus rassurant pour la femme (évidemment dans la nuance, il ne s’agit pas de créer un dictateur…).

 

Je n’ai pas encore à vous livrer « d’happy-end » définitif (d’autant que je pense que, pour que la situation soit définitivement résolue, il faudrait que la femme se fasse aider par un psychanalyste afin de comprendre d’où viennent ses peurs), mais la tendance semble plutôt positive.

 

L’objet de cette histoire est de souligner le fait qu’aimer quelqu’un, comme toute attitude, repose sur trois piliers : l’intention, la réflexion et l’action. Et chacun de ces piliers doit être considéré comme devant être validé de façon réciproque.

Dans cette anecdote, l’intention de l’homme était unitaire par rapport à sa femme et il y a fort à parier que la réciproque était vraie, sinon ils n’auraient pas vécu vingt ans ensemble. En revanche la réflexion et l’action ne l’étaient clairement pas.

Aucun des deux ne s’étaient clairement et consciemment posé la question de savoir comment l’autre voulait réellement être aimé. Lui, avait appliqué les principes que son éducation lui avait inculqué en la matière et, elle, pensait vraisemblablement que la sécurité matérielle qu’elle lui fournissait faisait office de preuve d’amour suffisante.

Où est la prise de conscience profonde de l’autre ? Nulle part !

Quel est le résultat ? Une énorme souffrance inutile.

Faut-il pour autant se jeter la pierre ? Nous savons tous que, dans une relation de couple qui dure, il est compliqué d’être en permanence en éveil sur les désirs et besoins de l’autre.

L’important est de savoir discerner le moment où la relation commence à dégénérer et de réagir. Soit on est en mesure de prendre du recul et de traiter le problème en interne, soit, si les ressentiments commencent à être forts et empêchent prise de recul et communication, il peut être utile de faire appel à un coach de vie.

Celui-ci, non seulement aidera à la prise de recul, mais proposera une stratégie d’actions concrètes basées sur le principe de « montrer-comprendre » les intentions, « montrer-comprendre » le raisonnement et « montrer-comprendre » par l’action. Cette démarche permettra de rétablir les bases d’une communication positive et constructive.

A partir de là, vous n’aurez plus qu’à savourer votre bonheur !