Vous connaissez tous le principe de Peter qui se formule ainsi : « dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s’élever à son niveau d’incompétence », et son prolongement : « avec le temps, tout poste sera occupé par un employé incapable d’en assumer la responsabilité ».


Même si ce principe est énoncé, au départ, de manière humoristique et provocatrice, il a fait l’objet de certaines études qui tendent à en prouver la pertinence.


Et il est vrai que, dans beaucoup de domaines de notre vie, il nous arrive de nous poser la question : en suis-je ou en serai-je capable ?


Pour la prise d’un nouveau poste en entreprise, pour la mise en œuvre d’un projet personnel ou professionnel, pour un engagement de vie (mariage, éducation d’un enfant, etc.), la question, et parfois l’angoisse qui y est rattachée, peuvent s’imposer à nous.


Si l’on considère la compétence comme une ressource finie en chacun de nous, le principe de Peter apparait d’une séduisante logique, toutefois la capacité humaine à s’inscrire dans une évolution constante peut être de nature à rendre son dépassement possible.

1. La compétence : une ressource finie en chacun de nous.

Il est vrai que, depuis notre plus tendre enfance, on nous enseigne une grande masse de techniques diverses, destinées à nous rendre compétents dans les domaines concernés.


A ces compétences techniques s’ajoutent les enseignements issus de notre expérience de la vie et c’est la combinaison des deux qui forme notre compétence au sens large.


Il est donc tout à fait vraisemblable que, tant le nombre de techniques apprises que la multiplicité de nos expériences étant limitées, il arrive un moment où nous aurons épuisé nos ressources personnelles face à un type de problème.


Dans ce contexte s’applique sans doute le sujet du seuil de compétence.


D’autant plus qu’une partie de notre entourage ne se privera pas d’interpréter nos éventuels échecs comme une preuve d’incompétence et de nous stigmatiser comme tel… comme incompétent.

De plus, nous avons tous été confronté à des personnes, supérieurs hiérarchiques ou collaborateurs, connaissances plus ou moins proches, qui se satisfont de leur situation et refusent d’envisager comme possible le fait d’évoluer positivement.

Pour ce genre de personnes, il me semble que le principe du seuil d’incompétence est parfaitement valide. Généralement, ce qui les pousse dans ce sens sont des choses comme l’égotisme, la paresse, la suffisance, les certitudes, l’ignorance, les croyances, ou tout cela à la fois.

Mais n’avons-nous pas tous, à des degrés divers, ce type de défauts ?

Cela signifie-t-il que nous sommes tous condamnés à nous heurter à notre seuil d’incompétence ?

Peut-être pas, car nous sommes toujours capables de travailler notre niveau de conscience.


2. Le niveau de conscience comme ressource infinie de compétence

Lorsqu’on parle de compétences techniques, il est vrai que l’apprentissage reste une voie d’amélioration privilégiée. Si vous voulez devenir électricien, il faut connaître la technique, sans quoi il vous faudra beaucoup de temps et la nécessité de réinventer ce qui existe déjà pour devenir compétent en la matière.

L’expérience devient, certes, très importante… mais une fois la technique acquise ! Le niveau de conscience n’apportera pas grand-chose en la matière…

En revanche, dès qu’il ne s’agit plus de compétences purement techniques, les choses deviennent différentes.

Or, si l’on y réfléchit bien, l’immense majorité de nos compétences ne procèdent pas de techniques stricto sensu : compétences à diriger des équipes, compétences à aimer, à écouter, à comprendre l’autre, à anticiper l’enchainement des situations, à trouver sa place dans sa vie et dans le monde, à interpréter correctement les événements, etc.

Bref, tout ce qui concerne notre relation à notre environnement ne peut se résumer à une technique.

En considérant les choses de ce point de vue, c’est bien le niveau de conscience qui est la matière la plus importante ; celle qui conditionne tous les aspects de nos succès, tant professionnels que personnels.

Je peux être un grand technicien professionnel, mais si je ne sais pas prendre la réelle mesure d’un problème et de ses conséquences sur mon environnement, mes résultats pourront être, si ce n’est catastrophiques, du moins très en deçà de ce qu’ils auraient pu être.

Le niveau de conscience c’est, en fait, la capacité à comprendre la vie. Ce n’est pas les croyances, ni l’idée que l’on se fait du monde, c’est l’osmose que l’on vit entre soi-même et son environnement. C’est cette osmose qui permet de vivre l’environnement et, du coup, de le comprendre, de ressentir son fonctionnement.

Certaines personnes se sont penchées sur le fait de dénombrer les niveaux de conscience. Pour certains, ils seraient 7, pour d’autres 10 (si vous voulez en savoir plus sur votre niveau de conscience personnel, vous pouvez lire cet article : « Il existe 10 niveaux de conscience, à quel niveau de conscience vous trouvez-vous ? »). Je leur laisse la responsabilité de la chose.

Ce qu’il me semble, c’est que le niveau de conscience progresse par paliers. Certains événements génèrent ce changement de palier et, tout à coup, la réalité nous semble avoir changé de dimension, de profondeur, de sens.

Je me souviens d’une personne que j’accompagnais : une femme d’une quarantaine d’années, qui en était déjà à son troisième compagnon (mais son premier mari), qui avait eu des enfants avec les deux précédents, et qui venait me voir dans le cadre d’une volonté de reconversion vers une activité d’aide aux autres, sans idée de la nature que prendrait cette aide.

En me racontant son histoire (son mari la menaçait de divorce après seulement 3 ans de vie commune), il m’est vite apparu que cette femme, très sympathique et intelligente, avait un problème sur sa capacité à se positionner elle-même face à une autre personne. Soit elle était dans la soumission, soit dans la dictature.

Or, c’est l’un des pires travers que l’on peut avoir quand il s’agit de faire profession d’aider les autres.


Nous avons donc travaillé sur les principes d’unité vs séparation et, immédiatement (c’est-à-dire durant la période d’une semaine entre deux séances), elle a pris conscience du déséquilibre qu’elle vivait depuis des années, réorienté ses attitudes, constaté les changements positifs majeurs que cela provoquait et s’est identifié à la nouvelle vision d’elle-même que cela générait.


Dans la foulée, elle a identifié le secteur d’aide aux autres qui lui convenait le mieux, entrepris les démarches concrètes pour y accéder et en plus, cerise sur le gâteau, obtenu ce qu’elle désirait.

Cela peut vous paraître un conte de fée, mais tout cela est vrai, et même si la rapidité du résultat n’est pas toujours identique, j’utilise ce cas idéal comme exemple pour illustrer le fait qu’un changement de niveau de conscience peut faire basculer une vie vers le meilleur.

Le problème en la matière, c’est qu’il n’est pas facile de comprendre que l’on peut (voire que l’on doit) travailler son niveau de conscience pour le faire évoluer.

Pourtant, si vous repensez à qui vous étiez il y a 10 ou 20 ans, vous vous rendez aisément compte du fait que votre niveau de conscience a progressé. Toutes les certitudes que vous aviez à 20 ans ne sont plus les mêmes quand vous en avez 30, et elles-mêmes sont différentes quand vous en avez 40, et ainsi de suite… jusqu’à l’âge auquel vous n’en avez plus du tout…

Comprendre l’importance de son niveau de conscience personnel et avoir, en permanence, l’objectif de le faire progresser est, pour moi, le signe d’une réelle richesse intérieure et d’une capacité de progression infinie.

Le seuil d’incompétence n’est une réalité que pour ceux qui ignorent qu’ils peuvent progresser, ou qui refusent de le faire.

Pour gagner du temps en la matière, il existe un certain nombre de personnes qui peuvent vous aider : notamment les psychothérapeutes, qui permettront de dénouer des nœuds que vous aurez identifiés, et également les coaches de vie qui ne s’appuient pas forcément sur des problèmes spécifiques. Ces derniers doivent savoir faire progresser votre niveau de conscience à partir des simples éléments de votre vie.

Vous en doutez ? Essayez et vous verrez.