Avez-vous déjà eu envie d’effectuer un changement dans votre vie ? Surpoids, difficultés à vous épanouir dans votre travail, habitudes aliénantes, etc.

Vous savez, comme ces résolutions que vous prenez à chaque début d’année.

Par exemple : aller à la salle de gym faire de l’exercice 4 ou 5 fois par semaine, trouvez un meilleur boulot, voyagez loin ou avoir de meilleures relations avec un ami, un collègue ou un membre de votre famille ?

Tous ces types de changements sont louables et positifs, mais pour une raison étrange, lorsque nous décidons de procéder à des changements, nous pensons que nous devons le faire de manière RADICALE.

Le changement, ce n’est pas forcément tout ou rien

Nous nous disons que le seul moyen d’avoir la dose dont nous avons besoin est de nous lever à 5h30, de faire de l’exercice pendant une heure, avant de nous préparer pour aller au travail.

Bizarrement, le fait que nous aimions rester au lit jusqu’au dernier moment possible, en appuyant quasi automatiquement, dans un état de semi coma, sur le bouton de répétition de la sonnerie, ne fait pas partie de notre plan.

Vous avez probablement lu ces articles qui disent que la plupart des résolutions du Nouvel An échouent parce que nous ne pouvons pas les maintenir assez longtemps pour qu’elles deviennent une partie de notre comportement normal.

Aussi, lorsque vous ne parvenez pas à créer cette nouvelle habitude d’exercice matinal, comment vous sentez-vous ?

Vous vous dites que vous êtes paresseux ou peut-être même un raté ?

Félicitations, votre cerveau fonctionne correctement !

Quand nous sentons que nos vies ne sont pas ce que nous voudrions qu’elles soient, il arrive que, plein de courage, nous décidions d’y apporter de grands changements, trop souvent en vain.

Pourquoi essayer si nous sommes voués à l’échec ?

Alors, pourquoi essayons-nous de faire de grands changements dans nos vies, si les résultats ne sont pas au rendez-vous et que cela nous mène plus à la déprime qu’autre chose ? Parce que, pour une raison inconnue, nous avons été amenés à croire que pour qu’un changement vaille la peine d’être opéré, il doit nécessairement être ambitieux.

Avez-vous déjà réalisé un changement important dans votre vie, un changement que vous ayez choisi et non un qui vous ait été imposé (genre licenciement ou divorce) ? Prenez un moment et repensez à l’un de ces changements.

Vous avez peut-être déménagé dans une autre région ou changé d’emploi ou de secteur d’activité. Des changements positifs, non ?

Mais de quoi d’autre ce changement a-t-il été assorti ? De peur, d’anxiété, d’excitation, de fatigue (mentale et physique), peut-être d’un sentiment d’exaltation et d’un sentiment d’isolement. Autant de réactions typiques en cas de changements majeurs.

Les grands changements peuvent être passionnants et ils peuvent aussi être épuisant.

L’évolution du cerveau

Notre cerveau s’est développé sur une longue période, chacune de ses grandes parties ayant évolué entre 100 millions et 200 millions d’années.

Le tronc cérébral ou cerveau reptilien a environ 500 millions d’années. C’est la partie de votre cerveau qui régit le fonctionnement de base. Vous n’avez donc pas besoin de penser consciemment à ce que votre cœur continue de battre ni à ce que vos poumons se dilatent et se contractent.

Le rhombencéphale ou paléomammifère a environ 300 millions d’années. Cette partie de votre cerveau est l’endroit où résident vos émotions et où se trouve l’amygdale.

L’amygdale est la partie de votre cerveau (en fait, il y en a deux en réalité) qui réagit à toute menace réelle ou perçue et provoque une réaction de combat, de fuite ou de paralysie corporelle.
Le cortex est la troisième partie du cerveau. Il s’est développé il y a environ 100 millions d’années. Enveloppant le reste du cerveau, il est responsable des processus de la pensée rationnelle et de la création d’idées nouvelles.

Notre cerveau ne ressemble à aucun autre organe de notre corps. Les autres organes, comme notre peau, notre cœur, notre foie, etc. ont connu un développement fondamentalement stable et cohérent au cours des millénaires.

Parce que les trois parties du cerveau ont évolué à différentes périodes, avec des fonctions différentes, elles peuvent parfois fonctionner de manière contradictoire.

L’amygdale a pour but de signaler toute menace, réelle ou perçue. Imaginez une sirène d’alarme-incendie, un signal puissant incitant à prendre des mesures urgentes pour vous protéger, c’est l’amygdale. C’est votre gendarme inconscient.

L’amygdale est un système de réponse rapide qui déclenche une série de réactions chimiques qui bloquent certaines fonctions corporelles (la digestion, par exemple) et permettent la libération d’adrénaline dans votre système sanguin.

Ces réactions chimiques limitent également le fonctionnement du cortex, la partie rationnelle de notre cerveau et de nos capacités créatrices.

Alors, qu’est-ce que cela a à voir avec les résolutions du Nouvel An et les grands changements que vous demandez ? Les grands changements déclenchent l’amygdale.

La réponse de l’amygdale est instantanée, tandis que le traitement du cortex est un processus plus lent.

Le changement est toujours inconfortable

Par conséquent, même lorsque le changement est souhaité (déménagement dans un autre pays, nouvel emploi, etc.), notre corps réagit de la même manière que si nous étions ligotés sur une voie de chemin de fer alors qu’un train approche à toute vitesse.

Malheureusement, lorsque nous vivons ces changements positifs, nous ne sommes pas conscients de ce que notre corps subit.

Nous interprétons la montée d’adrénaline comme le résultat de notre excitation. Cependant, comme nous le savons maintenant, la réponse au stress déclenchée par l’amygdale n’est pas destinée à durer sur de longues périodes.

Si nous sommes conscients de la situation vécue et du fonctionnement de notre cerveau, nous pouvons interrompre le cycle en prenant quelques respirations profondes, permettant ainsi au cortex de se ressaisir.

Si nous ne sommes pas conscients de cette connexion cerveau-corps, nous pouvons nous demander pourquoi nous mettons tant de temps à apprendre le jargon de notre nouvel emploi ou pourquoi nous sommes épuisés à la fin de la journée.

Vous pouvez vous demander : « Pourquoi suis-je si fatigué ? » ou « Pourquoi ne puis-je pas me souvenir de tous les détails ? » Du fait du désaccord entre notre amygdale et notre cortex dans ce type de situation, nous passons à côté d’informations car il est tout simplement plus difficile de se concentrer.

Bon, que faire si vous voulez vraiment perdre 10 kilos ? Tout d’abord, considérez que votre cerveau n’aime pas les grands changements (le rhombencéphale), mais qu’il aime les questions simples et appliquer des solutions créatives (le cortex).

De gros changements déclenchent l’amygdale, alors demandez à votre cortex : « Quel petit changement puis-je faire qui me permettra d’atteindre mon objectif de perdre 10 kilos ? »

C’est peut-être rester debout pendant 5 minutes toutes les heures, ou prendre les escaliers plutôt que l’escalier roulant, ou garer votre voiture aussi loin que possible de l’entrée de votre grande surface, ou encore de descendre une station de métro avant celle à laquelle vous vous arrêtez habituellement pour rentrer chez vous.

« Small is beautiful »

Dressez une liste de petites actions que vous pourriez réaliser pour atteindre votre objectif et qui ne déclencheront pas votre amygdale. Commencez petit et augmentez progressivement votre liste. Vous ferez bientôt de l’exercice régulièrement sans avoir à surmonter la réaction naturelle de votre cerveau au changement.

Qu’en est-il de ce nouvel emploi que vous venez de commencer ? Quelles sont les petites étapes qui peuvent vous aider à surmonter la réaction de l’amygdale ? Qu’est-ce qui peut vous aider à libérer de l’énergie et de la créativité lorsque votre cerveau pédale à l’envers ?

Cela peut sembler simpliste, mais une petite étape importante consiste à vous concentrer sur votre respiration. Lorsque nous sommes angoissés (lorsque l’amygdale se déclenche), nous respirons de manière superficielle et incomplète. S’interrompre consciemment pour prendre quelques respirations profondes est la petite étape qui aide à contrecarrer la réaction inconsciente du cerveau aux grands changements.

Une technique de respiration simple consiste à inspirer en comptant 3 ou 4 secondes, à faire une pause de la même durée, à expirer durant 3 ou 4 seconde et à attendre toujours la même durée avant de ré-inspirer.

Essayez cette technique de respiration « en carré » à la maison pour vous entraîner et comprendre comment cela vous fait vous sentir. Intégrez ensuite cette séquence de respiration dans votre journée, en particulier avant d’entrer en réunion, de faire une présentation ou de vous sentir fatigué.

Par pitié, ne me comprenez pas mal : je ne suggère à aucun moment que vous ne devriez pas effectuer de changements dans votre vie. Acceptez ce nouvel emploi, changez de région, commencez à faire de l’exercice ou acceptez cette promotion.

Nous n’avons qu’une seule vie, alors effectuez tous les changements que vous souhaitez expérimenter. Etre conscient du fonctionnement de votre cerveau et créer de petites étapes pour éviter les réactions de combat, de fuite ou de paralysie facilitera ces changements.

Vous serez surpris de la quantité d’énergie dont vous disposerez et de votre créativité naturelle en faisant de petits pas et en respirant consciemment profondément.