Nous avons tous déjà entendu des choses comme : « sors de ta tête ». « Ne pense pas trop ». « Fais faire une pause à tes neurones ».

Dans une société où il est pratiquement impossible de cesser de penser – où travailler sans arrêt est même fortement recommandé – faire une pause dans nos pensées peut sembler un contresens, voire immoral.

Mais nous savons aussi que trop se fixer sur nos pensées conduit à accroître notre anxiété.

Pourquoi ?

Parce que nous avons tendance à être pris par nos pensées à tel point que nous perdons notre bon sens, nuisons à notre capacité d’atteindre nos objectifs et inventons des scénarios complètement irréalistes.

 

Vous pensez trop ? Pensez-y

Supposons que votre fille, une adolescente, sorte pour la première fois le soir.

Elle est peut-être assez âgée pour se déplacer couramment seule et suffisamment responsable pour occuper des jobs d’été, mais vous imaginez le pire : l’intoxication, une agression, le commissariat de police, l’hôpital…

Quand elle rentre à la maison à l’heure convenue – en sécurité, sobre et en un seul morceau – vous réalisez que vous avez perdu toute une soirée à vous torturer inutilement.

Ou disons que vous attendez une appréciation de votre patron concernant un travail. Si sa réponse tarde, vous vous persuadez que vous avez mal fait et que vous recevrez bientôt votre lettre de licenciement.

Vous passez la journée dans un état de tension intense, et tout ça pour recevoir un courrier électronique le soir même, vous remerciant de votre patience et de vos efforts.

En d’autres termes, donnez-nous une situation comportant des incertitudes et nous penserons au pire. Tel est le saboteur que constitue notre esprit.

Lorsque nous nous préoccupons de regarder les choses sous tous les angles possibles et d’anticiper le résultat plutôt que de nous engager dans le voyage, nous nous éloignons essentiellement de nous-mêmes et de notre capacité de concentration, de sagesse de décisions ou simplement de laisser la vie se dérouler comme elle l’avait prévu.

De plus, nous concentrer sur l’avenir ou revenir, en boucle, sur les erreurs que nous avons faites dans notre passé nous prive des plaisirs du présent, ce qui peut conduire à la déprime, à retarder la réalisation de nos objectifs et à une dépression durable.

« L’esprit aime s’attaquer aux problèmes et construire des bombes atomiques », écrit Eckhart Tolle dans The Power of Now. « Vous croyez que c’est votre esprit. C’est une illusion. L’instrument vous a pris en charge ». En résumé, un esprit laissé à lui-même peut créer plus de problèmes que de solutions.

 

Sortez de l’impasse

Il est toutefois possible de sortir des impasses créées par notre cerveau et de trouver du réconfort dans le moment présent.

La première étape consiste à réaliser que vos pensées ne sont que des pensées.

Certes, les idées et les émotions peuvent être rendues tangibles. En termes simples, si vous pensez à la satisfaction que vous obtenez en réalisant une tâche, les aspects du travail sous votre contrôle peuvent être accomplis de manière à produire ce sentiment – mais d’autres réflexions, en particulier celles associées avec vos opinions sur vous-même, restent uniquement dans l’espace compris entre vos deux oreilles, sans voie de sortie.

« Le début de la liberté, poursuit Tolle, est la prise de conscience que vous n’êtes pas l’entité contrôlante (le mental)… vous réalisez également que tout ce qui compte vraiment – beauté, amour, créativité, joie, paix intérieure – provient d’au-delà de l’esprit ».

Sans cette liberté par rapport aux pensées obsédantes et improductives, nous sommes enclins à la maladie, au malheur, à une créativité moindre et à une perception déformée de la réalité.

Alors, comment savoir si vos pensées sont saines et normales, ou si elles font plus de mal que de bien ?

Considérez ces questions :

Avez un bourreau dans la tête ? Une voix incessante qui vous réprimande pour vos gaffes – réelles ou non – et vous fait ressentir un sentiment de culpabilité, d’insuffisance personnelle ou de stupidité ?

C’est le juge qui se cache en vous, une sous-personnalité créée probablement par les événements de votre passé et les énergies négatives de votre présent. Rappelez-vous que ce n’est pas votre essence, car le vrai vous est fondamentalement bon, gentil, indulgent et compatissant (sinon vous ne liriez pas cet article…).

Avez-vous tendance à sur-analyser un événement avant qu’il ne se produise ? Cela augmente-t-il votre sentiment de vulnérabilité ?

Tandis que votre côté protecteur (l’instinct de survie) existe pour de bonnes raisons, l’écoute outrancière de ses craintes et de leur longue liste de conséquences négatives peuvent engendrer une peur si grande que vous finissez par vous enfermer et par prendre les mauvaises décisions.

 

Préparez-vous et détendez-vous

Il est sage d’arriver à des situations stressantes en étant bien préparé, qu’il s’agisse de la préparation d’une réunion importante au travail ou de renforcer votre confiance en vous avant une conversation difficile avec un proche, mais ne laissez pas cette partie de votre esprit vous empêcher de faire la distinction entre les sujets, les petits et les grands.

Les trépidations entravent la progression.

Vous surprenez-vous parfois en train de vérifier votre téléphone de manière obsessionnelle et de planifier votre futur proche lorsque vous êtes en présence d’autres personnes ?

Ceci est lié à la tendance addictive de notre cerveau, quand « plus » ou ce qui « va arriver » semble plus palpable et souhaitable que ce à quoi nous devrions être attentif au présent.

Se séparer du présent vous empêche de profiter du moment qui vous est offert, conduit à des relations tendues et augmente quasi mécaniquement votre insatisfaction.

Craignez-vous que si un sujet ne vous inquiète pas, le pire va arriver ?

Les inquiets permanents sont tellement habitués à être enfermés dans un état de terreur constant que s’en libérer, même temporairement, leur semble incongru – comme s’il s’agissait d’une provocation à ce que le monde s’effondre.

En cas de panique, la première et la plus importante chose à faire est de revenir à sa respiration.

De petites gorgées d’air rapides – la forme de respiration qui arrive lorsque nous sommes anxieux – inhibent notre accès aux produits chimiques naturels tels que la sérotonine et l’ocytocine, qui favorisent la paix, la relaxation et le sentiment de bien-être.

Une fois que vous êtes conscient des situations qui génèrent des pensées exagérées et des raisons qui se cachent derrière, vous pouvez mettre un terme à la progression sans fin, généralement infructueuse, de vos pensées inutiles grâce à diverses techniques.

Pour certains, c’est simplement de s’éloigner de la tâche à accomplir ; pour d’autres, c’est une perspective plus large : l’événement, la personne ou le projet implique-t-il autant de choses à faire maintenant que d’ici six mois à un an ? Probablement pas, alors pourquoi perdre du temps et de l’énergie sur ce sujet maintenant ?

Certaines personnes se tournent vers l’exercice physique pour soulager leur esprit ; d’autres, la méditation ; d’autres encore s’accordent un délai pour réfléchir à une situation, documenter leurs pensées, puis avancer avec un plan bien défini.

Quelle que soit la raison pour laquelle vous choisissez de cesser de trop penser, rappelez-vous que le but est de revenir au présent, car tout ce qui a de la valeur – maintenant et plus tard – se produit lorsque nous sommes pleinement engagés dans le moment présent.

Ou, comme Tolle nous le rappelle avec pertinence, « Lorsque vous jouez la conscience du moment présent, tout ce que vous faites devient imprégné d’un sens de qualité, d’attention et d’amour ; même la plus simple action ».

Puissent toutes vos actions être abordées avec juste assez de réflexion pour que leur beauté et leur simplicité émergent.

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