L’objet de cette série de post est de vous présenter un peu plus en détail le travail sur le système de valeurs, tant dans sa définition que dans son utilisation. Je ne sais pas s’il a quoi que ce soit de révolutionnaire (je penche résolument pour la négative), mais cela fait maintenant 25 ans que je m’en sers avec les personnes que j’accompagne et, comme ça fonctionne vraiment bien, je me dis que vous le présenter comme un outil supplémentaire ne peut faire de mal à personne.
Je me rappelle d’une personne que je coachais et à qui, en début de travail, je demandais de me citer une de ses principales valeurs de vie. Il me répondit, après une longue réflexion : « l’esthétisme ».
Je fus un peu surpris par cette réponse inhabituelle, mais bon… pourquoi pas… Je lui pose alors la question : « pourquoi est-ce une valeur pour vous ? ». Sa réponse m’a semblé assez symptomatique pour que je vous la livre : « parce que je suis une référence en esthétisme, les gens me consultent pour ça, me valorisent et je me sens important ».
Vous aurez compris, pour lui, une valeur de vie devait apporter du bonheur (et c’est effectivement le but recherché dans toute application des valeurs de vie), mais le bonheur qu’il en retirait était purement égotique. C’était sa façon de concevoir le bonheur.
Pourquoi pas… mais si une personne a un système de valeurs qui n’a d’utilité que de lui apporter un bonheur personnel égotique et qui n’est pas relié à quelque chose de plus global, si cette personne est réellement et profondément consciente de ce fait et que c’est un choix délibéré de sa part, elle n’a rien à faire dans mon cabinet. C’est un choix que je respecte, mais je ne saurais absolument pas l’aider dans la voie qu’elle a choisie.
C’est ce que je lui ai dit, en substance, ce qui lui a permis de prendre conscience de la portée réelle de sa réponse. Comme c’est une personne intelligente et très bien par ailleurs, il a très vite compris le message et la notion que je voulais lui faire passer. Il a immédiatement rectifié le tir et nous avons pu continuer le travail.
Ce que je veux dire par cette exemple, c’est que, selon moi, il n’y a pas de bon ou de mauvais système de valeurs. Il y en a deux types qui s’opposent et entre lesquels, si l’on veut effectuer un réel travail sur ses valeurs de vie, il faut choisir dès le départ.
Ces deux types de systèmes de valeurs ne sont pas « le Bien et le Mal », ou « le Bon et le Mauvais », ou encore moins « la Vertu et le Péché » qui sont des notions hautement subjectives, mais « l’Unité et la Séparation ».
Si vous réfléchissez vraiment à vos valeurs, vous vous apercevrez sans doute que, si vous n’avez pas de valeurs qui s’inscrivent résolument dans le camp de la Séparation (je pense à des valeurs comme la méchanceté, la perversité, la férocité, ou même l’individualisme ou la possessivité), si vous en avez qui appartiennent, au premier regard, au camp de l’Unité (la tolérance, l’altruisme ou la bienveillance), il y en a d’autres qui peuvent appartenir à l’un ou l’autre des systèmes en fonction de ce que vous en faites.
D’où l’importance d’effectuer un choix conscient de système de valeurs, de façon à pouvoir s’y référer quand des dérives et des tentations pointent leur nez.
Prenez des valeurs comme l’Ambition ou le Pouvoir. Il y a là possibilité d’appartenance aux deux camps, en fonction de ce que vous en faites. Si je suis ambitieux professionnellement c’est pour être en mesure de donner le meilleur de moi-même pour faire évoluer le groupe. Certes j’en retirerai les avantages personnels qui sont liés à une progression, mais ces avantages seront la conséquence de mon ambition et non sa cause. Et ça change tout, car mon sujet prioritaire ne sera pas mon propre contentement, mais mon contentement dans une interaction toujours plus efficace avec les autres.
C’est la qualité de l’interaction avec les autres qui est la motivation pour atteindre mon contentement. Si cette interaction est posée comme préalable intangible, car ingrédient principal du système de valeur d’Unité, je me mets à l’abri des mauvais (pour moi) aspects de l’ambition qui me pousseraient à sacrifier les autres dans le but d’obtenir une progression personnelle. Je ne poserai donc pas les mêmes actions en fonction du camp que j’ai choisi.
C’est pareil pour la valeur Pouvoir. Si c’est dans un domaine dans lequel je sois en capacité, j’accepte le pouvoir avec joie, comme moyen de promouvoir mon envie de faire progresser les autres. Ce n’est évidemment pas dans l’optique de les asservir, de me valoriser à leurs dépens.
C’est encore pareil pour des valeurs comme la Discrétion ou l’Autonomie. Etre discret c’est une marque de respect de l’autre (camp de l’Unité), ça peut aussi être une marque de désintérêt à l’autre (camp de la Séparation).
Beaucoup de personnes, n’ayant pas conscience de l’importance de ce choix, ni même de son existence, naviguent d’un camp à l’autre au gré des circonstances et ne bénéficient donc pas de la force que ce choix procure. Il en résulte moins de bonheur et d’efficacité que cela serait possible.
Mais encore une fois, il ne s’agit surtout pas de se présenter comme un saint, ça n’aurait pas de sens. Il s’agit simplement d’identifier quel système nous apporte fondamentalement le plus de bonheur et d’essayer de s’y tenir pour cette raison. C’est un altruisme égoïste choisi.
Donc, concrètement, prenez une liste de valeurs (par exemple celle que je vous propose ici : Valeurs) et trouvez celles qui vous semblent vous correspondre profondément.
Ce travail ne se fait pas en 5 minutes, prenez le temps de bien ressentir la pertinence de votre choix de valeurs. Celles-ci vous définissent, à un certain niveau et, si vous faites le travail jusqu’au bout, elles vous accompagneront pendant encore longtemps.
Au début, il faut arriver à en sélectionner un maximum d’une dizaine (mais vous pourriez n’en trouver qu’une seule). En prendre plus vous complexifierait trop le travail.
Une fois que vous disposez de cette liste, hiérarchiser les, de la valeur la plus importante en numéro 1 à la moins importante.
Reprenez chaque valeur et définissez si chacune d’elle vous apporte un bonheur principalement personnel ou bien dans un équilibre entre vous-même et votre environnement.
Dans l’exemple de l’esthétisme, la personne aurait pu me dire, pour se rattraper, que les autres y trouvaient leur compte puisqu’ils venaient le consulter, mais visiblement, l’autre n’était pas sa préoccupation réelle quand il pensait à sa valeur de vie.
L’expression « équilibre entre votre bonheur et celui de votre environnement » est importante à ce stade du travail. Ne biaisez pas.
Une fois que vous aurez terminé cette tâche, vous saurez, si vous deviez faire un choix, à quel camp vous devriez appartenir.
Maintenant, libre à vous de choisir résolument votre camp, ce qui vous apportera une dimension de vie supplémentaire, source de force, ou de ne pas choisir, ce qui ne vous enlèvera rien, mais ne vous apportera rien non plus.
Je terminerai cette partie sur le choix du système de valeur par une mise en garde.
Comme vous le savez déjà pertinemment, tout choix a des conséquences. Le choix que je viens de vous présenter a une infinité de conséquences positives sur la vie d’une personne (en termes de bonheur, d’efficacité, de conscience, etc.), mais il recèle également des dangers. Ce n’est pas le propos de ce post d’en faire l’exposé, mais, si vous vouliez appliquer par vous-même ce que j’expose, allez-y avec prudence. Se faire accompagner dans ce type de démarche peut vous éviter un certain nombre de déboires significatifs.