La valeur Tolérance
Même si je m’efforce de travailler cette énergie en moi, il faut bien reconnaître que je ne suis pas forcément toujours un modèle en la matière. J’avoue avoir beaucoup de mal avec les personnes intolérantes (serais-je intolérant à l’intolérance ?)
Si vous lisez mon blog, je me fiche que vous soyez catholique, musulman ou juif, que vous soyez noir ou blanc, gay ou hétéro, de droite ou de gauche, parce que vous essayez visiblement de travailler sur vous-même et d’améliorer votre vie.
La vie n’est pas facile et, si je respecte toute personne, c’est particulièrement vrai pour celles qui essaient de devenir meilleures.
Travailler la tolérance est une ouverture vers des horizons inconnus. La tolérance est une porte ouverte sur l’évolution et l’enrichissement par les autres. En acceptant avec bienveillance l’existence de la différence, on lui permet de nous apporter ce petit supplément de matière à intégrer en nous et dont nous n’aurions jamais disposé, justement parce que nous sommes différents.
Etre tolérant ne signifie pas être sans convictions profondes, perméable, influençable, refuser le combat. C’est simplement reconnaître l’existence du principe de réalité personnelle, à savoir que les situations peuvent être vécues de diverses façons selon les individus.
Dans la mesure où ce principe existe réellement, ne pas le reconnaître est, pour moi, simplement abscons. Ce serait un peu comme refuser d’admettre que la terre est ronde. On a le droit de vivre avec la conviction que la terre est plate – et avoir une très belle vie malgré tout – mais la vivre comme étant ronde permet de se projeter plus efficacement dans ses déplacements et sa compréhension d’une certaine dimension du monde.
Pour le principe de réalité personnelle c’est pareil : essayez de convaincre votre ami que son patron qui le harcelle, et que vous connaissez par ailleurs, est une personne formidable… Bonne chance !
En revanche, si cet ami a une valeur tolérance bien en place, il vous écoutera quand vous lui permettrez de mieux comprendre les comportements de son patron. Cette écoute lui permettra peut-être de trouver un biais par lequel aborder son harceleur pour renouer un dialogue avec lui et le faire évoluer dans ses attitudes.
Sans cette tolérance, les situations restent figées, l’évolution n’est pas possible et le bonheur non plus.
Qu’est ce qui empêche la tolérance ? A ma connaissance, la seule chose qui empêche la tolérance est la peur. C’est peut-être un lieu commun pour vous qui cherchez à travailler sur vous-même, mais pensez à tous ces néonazis (et ils ont le droit de l’être) qui n’avoueront jamais qu’ils ont peur, parce qu’ils n’ont même pas conscience d’avoir peur.
Ils refusent l’autre, la différence, parce qu’ils refusent le changement. En fait, ils ont peur que la situation que va engendrer un changement soit moins favorable que celle d’avant. Ils se ferment l’horizon par peur. Dommage pour eux.
Seuls les faibles manquent de tolérance. Si je suis fort, quelle peur puis-je concevoir de la différence de l’autre ? J’ai des valeurs bien en place. Ma dimension spirituelle, la seule que je puisse à peu près contrôler, résisterait à un tremblement de terre. Alors quoi ? Quel risque prends-je en accueillant avec bienveillance la différence de l’autre ? Le seul risque est d’être plus intelligent, un peu moins imparfait après qu’avant. Alors allons-y !
Mais existe-t-il une limite à la tolérance ? Pour moi, oui et non. Non, dans ce sens qu’à un certain niveau il faut toujours respecter l’autre dans sa différence. Oui, dans la mesure où la limite est le système de valeurs.
Pour reprendre l’exemple des néonazis, leur système de valeurs (même s’il n’est que faiblement conscient) repose sur la séparation : moi, de race blanche, de culture occidentale, je suis supérieur aux autres et donc en droit de leur infliger d’extrêmes préjudices (pour schématiser).
Mon système de valeur repose, quant à lui, sur l’unité et j’aurais plutôt tendance à dire : moi, de race blanche je constate qu’il existe d’autres races, d’autres cultures, j’aimerais les comprendre et donc je me donne le devoir de les accueillir avec bienveillance.
Ne nous trompons pas, si j’ai cette attitude, c’est par intérêt personnel, pas particulièrement par altruisme. J’ai un système de valeurs conscient et cohérent pour me rendre heureux et, à l’origine, c’est mon bonheur que je cherche dans la compréhension de l’autre, pas le sien. Il se trouve que la valeur tolérance ouvre une relation d’unité qui me rendra encore plus heureux si l’autre l’est aussi, mais ce n’est pas forcément ma motivation de départ. Comme on dit : l’égoïsme intelligent s’appelle l’altruisme.
La limite de la tolérance, pour moi, est justement cet antagonisme de système de valeurs. Dans une situation de conflit, si j’ai fait tout pour attirer l’autre vers mon système de valeurs, qu’il en a eu conscience, mais qu’il a refusé en posant clairement des valeurs de séparation, là je suis en droit de le combattre (avec respect pour ses choix). Jamais avec les armes de la séparation, car je perdrais forcément la bataille puisque je serais en incohérence avec mon propre système de valeurs. Mais un système d’unité dispose de moyens qui vaincront toujours un système de séparation. Cela peut vous paraître naïf, mais, croyez-moi, je l’ai personnellement expérimenté et c’est d’une efficacité absolument redoutable. A la fin, s’il persiste dans son refus de l’unité, l’autre se détruit lui-même. C’est stupéfiant à voir !
Conclusion sur cette série de post sur les valeurs
L’élément principal qu’il me semble important de retenir de ces 4 articles est que les valeurs, comme les problèmes (comme disait Jacques Chirac, je crois) volent en escadrille. Je veux dire qu’une valeur prise indépendamment reste relativement théorique dans la mesure où il en faut plusieurs pour pouvoir en appliquer une.
Vous voulez être tolérant, mais si vous êtes en face de quelqu’un de totalement intolérant, comment réagir constructivement. Si vous ne disposez, dans votre musette, que de la tolérance, votre seul recours sera la fuite. C’est dommage.
En revanche, si vous disposez d’un système de valeurs cohérent, vous aurez toute une palette d’outils pour, premièrement, résister à l’envie de laisser tomber et prendre la fuite et, deuxièmement, pour attirer l’autre vers votre camp : celui de l’unité.