Dans le précédent post, j’ai abordé le sentiment d’abandon dans sa version la pire, c’est-à-dire celle entrainant des dysfonctionnements majeurs dans la vie des personnes qui en souffrent.

Mais il existe des cas de personnes souffrant de sentiment d’abandon alors même qu’elles se sont construit une vie affective, sociale et même professionnelle que l’on pourrait clairement qualifier de tout à fait satisfaisante.

Malgré cela, ces personnes conservent au fond de leurs tripes l’angoisse de se faire abandonner et vivent dans une souffrance, qui peut s’atténuer ou se renforcer en fonction des événements de la vie quotidienne, mais qui ne disparaît jamais complètement.

J’ai eu le cas de cette femme, aimée depuis de nombreuses années par un conjoint attentionné, ayant eu des enfants aimants, une vie professionnelle valorisante et épanouissante, qui, dès que son mari était en retard pour rentrer du travail le soir, si un premier coup de téléphone était resté sans réponse, se précipitait au métro pour le guetter dans un état de confusion et d’angoisse particulièrement inconfortable.

Etant bien consciente du problème dont elle souffrait, elle le combattait activement au jour le jour en essayant de se raisonner, mais sans aucun succès.

J’ajoute que, d’un âge auquel il est normal d’avoir perdu ses parents, elle ne disposait plus de la ressource d’approfondir le sujet avec eux.

Donc, pour résumer, une personne intelligente, ayant une belle vie, mais souffrant du sentiment d’abandon, sans possibilité de le remettre dans le contexte de l’époque où il prenait sa source.

Par rapport aux différentes étapes évoquées dans mon premier post sur le sujet, la première qui est le passage par l’assistance d’un psychothérapeute reste valide. Cette thérapie peut être éventuellement brève, mais elle reste importante pour s’assurer d’avoir pris la bonne mesure du problème.

La seconde étape qui était de parler du manque affectif avec ses parents et de l’époque à laquelle il a pris sa source n’est plus possible puisque les parents ont disparu.

Pour tenter de compenser cette étape importante devenue irréalisable, l’une des possibilités est de travailler par hypnose. Ce type de thérapie peut permettre à la personne souffrant du sentiment d’abandon de se projeter, avec sa conscience d’adulte, dans la situation vécue et enregistrée, à l’époque, par une conscience d’enfant.

La capacité d’analyse de la situation étant enrichie de l’expérience de l’adulte, il sera possible de porter un regard sur la situation avec davantage de maturité et ainsi de la dédramatiser.

 

Si, donc, vous avez une vie qui vous convient dans ses principales composantes à l’exception de cette souffrance que constitue la peur viscérale d’être abandonné ou de n’être plus suffisamment aimé, et que les étapes précédentes n’ont pas fait disparaître, il vous faut prolonger votre travail.

Dans cette optique, deux principaux éléments sont de nature à vous permettre de faire disparaître votre souffrance : premièrement la prise de conscience du pouvoir de votre responsabilité et, deuxièmement, la prise de conscience de votre intégration dans quelque chose de plus grand que vous-même.

 

1 . La prise de conscience du pouvoir de votre responsabilité.

Si la vie est une réussite, c’est parce que vous l’avez faite telle. C’est de votre responsabilité, c’est le résultat de vos actions qui vous a permis d’avoir une vie équilibrée et donc vous pouvez en éprouver de la fierté, de l’estime et de l’amour de soi.

Toutefois, si vous connaissez encore ce sentiment d’abandon, c’est vraisemblablement que vous n’avez pas  pris totalement conscience de la dimension réelle de votre responsabilité personnelle dans l’équilibre de vie que vous connaissez.

Vous pouvez alors reprendre la démarche décrite dans mon post précédent au point 3 : posez une action de nature à améliorer un aspect de votre vie. Fêtez-vous. Constatez le résultat de votre action en vous en appropriant la responsabilité pleine et entière, quel qu’en soit le résultat.

Si c’est un succès, réjouissez-vous ; si c’est un échec appropriez le vous, afin d’apprendre comment aboutir au succès la fois suivante.

Une fois cela fait, recommencez le nombre de fois nécessaire pour que la dimension de votre responsabilité dans le déroulement de votre vie s’inscrive définitivement en vous.

 

2 . La prise de conscience de votre intégration dans quelque chose de plus grand que vous-même.

Prenez conscience du résultat, des faits concrets, de la logique de votre vie et du fil conducteur qui la constitue depuis tout ce temps. Dites-vous que la vie est plus intelligente que vous et que, si elle voulait que vous reviviez une situation de manque d’amour, ce serait sans doute déjà fait depuis longtemps. Donc, si vous en revivez, c’est vous le ou la responsable.

Demandez-vous quelle logique il y aurait dans votre cheminement personnel à ce que vous connaissiez à nouveau cette situation de souffrance. Si vous trouvez de bonnes raisons pour que cela se reproduise, attaquez-vous à ces raisons. Si vous n’en trouvez pas, c’est sans doute qu’il n’y en a pas et que vous pouvez continuer à vivre en paix.

Pour effectuer cette prise de conscience, vous pourriez avoir besoin de l’aide d’un coach de vie. Ce dernier aura une vision plus synthétique de votre vie, de la logique que vous y avez développé, des éventuels points de fragilité qu’elle peut comporter et donc des éléments sur lesquels rester vigilant.

 

 

En tout état de cause, convainquez-vous d’une chose : l’autre ne vous aime pas parce que vous l’aimez ; il ne vous aime pas parce que vous lui donnez des preuves continuelles de votre amour ; il vous aime parce que vous êtes qui vous êtes, avec vos qualités et vos défauts.

Certes, il vous faut parfaire vos qualités et amoindrir vos défauts, comme tout le monde, mais l’amour d’une personne s’inscrit dans un processus d’évolution et non dans un processus d’adoration. Et ceci est bon autant pour vous que pour votre conjoint.

Donc s’il vous aime, pourquoi voudrait-il partir ? Ce n’est pas parce qu’il ne ressent pas la même angoisse que vous associée à son sentiment amoureux que celui-ci est moins fort que le vôtre. L’angoisse et la souffrance que vous ressentez à l’idée d’être abandonné n’est pas une preuve de profondeur de votre amour. C’est juste un poids inutile hérité de votre enfance.

Alors respectez votre conjoint et ses sentiments. Accordez-lui une certaine confiance pour savoir ce qui le rend heureux. Et si c’est d’être avec vous qui le rend heureux, il y a peu de probabilités qu’il s’en aille. Il vous faut simplement savoir le laisser respirer.

La pondération des différents éléments présentés et l’importance relative à leur accorder est spécifique à chaque cas et, si vous ne parvenez pas à aboutir dans votre démarche de vaincre votre sentiment d’abandon, n’hésitez pas à venir me voir. Je vous y aiderai.

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