Je ne dis pas qu’il soit impossible d’éradiquer toute peur de votre vie, mais je dis que c’est aussi proche d’être impossible que c’est humainement imaginable et je parierais pas mal d’argent sur le fait qu’il y a plus de gens qui ont escaladé l’Everest que de gens qui ont banni toute peur de leur vie.

Oui, oui, le titre était un truc facile pour amener les gens à lire mon article, mais vous êtes bien trop intelligent pour être tombé dans le panneau.

La peur a une utilité dans votre vie, elle vous empêche de prendre toutes sortes de décisions ridicules qui mettraient votre sécurité personnelle et celle de votre entourage en danger.

Par exemple, 1 personne sur 1 000 qui fait du saut en parachute va mourir d’une mort… disons… éclatante. Comparez cela aux chances de mourir en pleine partie de pétanque, qui sont d’environ 1 sur 100 000 000, et vous pouvez clairement comprendre pourquoi peu de gens paniquent sur le chemin du terrain de pétanque. En revanche, presque tous les parachutistes novices regrettent leur petit-déjeuner.

La grande majorité des personnes qui meurent en parachutisme le font à la suite d’une erreur humaine. Dans cette activité, être nerveux c’est une réponse nécessaire de votre corps à une situation potentiellement périlleuse.

Toutefois, quand la crise de nerfs se manifeste dans des situations qui ne recèlent pas de menace réelle, elle n’est pas utile et des mesures doivent être prises pour l’empêcher de vous envahir.

Alors, comment vous en débarrasser ?

La réponse honnête est, comme la peur, vous ne pourrez probablement pas éradiquer complètement vos manifestations nerveuses, d’autant plus que ce n’est pas forcément souhaitable.

Voici un secret : beaucoup d’orateurs, de musiciens, de politiciens, d’hommes d’affaires et d’athlètes les plus accomplis sont très nerveux, mais ils ne le montrent pas et ne se laissent pas paralyser dans l’action pour autant.

N’est-ce pas incroyable et libérateur, sachant que vous n’êtes pas différent de certaines de ces personnes que vous admirez tant ?

Des nerfs qui se manifestent sont simplement un rappel à la concentration et la sensation disparaît généralement après une ou deux minutes.

Pour faciliter ce passage, explorons quelques possibilités.

 

Respirer

Je vais commencer avec la dernière partie de l’équation parce que c’est la plus importante quand on parle d’attaques de panique (mais moins en cas d’anxiété générale).

Sachez qu’il n’est pas possible d’avoir une attaque de panique et de maîtriser votre respiration en même temps.

Il est physiologiquement impossible de respirer profondément à partir du diaphragme de manière contrôlée et de paniquer à la fois. Les deux s’excluent mutuellement.

C’est la bonne nouvelle, mais malheureusement, il y en a aussi de mauvaises…

Si vous avez une attaque de panique, vous ne vous souviendrez de rien de ce que je dis maintenant. La dernière chose que vous penserez à ce moment-là sera : « Heu… qu’est-ce qu’il a dit que je devrais faire si cela arrivait encore ? ». Vous serez trop occupé à vous débattre avec l’idée que vous allez mourir.

Si vous souhaitez acquérir une nouvelle compétence, la meilleure façon de le faire est d’abord de la pratiquer dans des circonstances anodines. Essayez une technique nouvelle quand la pression est à son comble et c’est l’échec assuré. La pratiquer quand elle est devenue un réflexe en garantira le succès.

Faites une respiration profonde consciente (je veux dire lentement, à partir de votre diaphragme et que votre expiration dure environ 50% plus longtemps que votre inspiration) chaque fois que vous avez un moment pour le faire. Plus vous le ferez, plus vous serez en mesure de le faire au moment où la panique arrive.

Cela ne va pas débrancher votre nervosité, mais cela vous permettra de parler et de respirer, ce qui pourra être utile lorsque vous devrez appeler l’ambulance.

 

L’ancrage

Je ne vais pas expliquer une nouvelle fois ce qu’est l’ancrage. Si vous ne le savez pas, lisez ce post et vous aurez très vite une idée de la façon dont cela peut vous aider.

 

La visualisation

Votre cerveau est nul pour distinguer ce qui est réel de ce qui ne l’est pas. Cet état de fait a des avantages et des inconvénients.

Tout le monde visualise régulièrement (et quand je parle de visualisation, j’inclue tous les sens et pas seulement ce que vous voyez). Si je vous demandais de quelle couleur était votre première voiture, vous devrez faire une construction visuelle rapide dans votre tête avant de me répondre.

Je dis cela parce que les gens me disent souvent qu’ils ne peuvent pas visualiser et, 99 fois sur 100, c’est faux. Ils ne sont peut-être pas géniaux dans l’art de la visualisation, mais ce n’est pas la même chose et la pratique améliore tout cela largement.

Je n’ai encore rencontré personne ayant une peur intense et incapable de visualiser ce qui va mal se passer pour lui.

Cela peut être une carcasse d’avion en miette sur la piste, un énorme serpent apparaissant en face d’eux au cours d’une promenade ou des gens en train de rire alors qu’ils sont en train de faire un éloge funèbre.

Qu’en serait-il si, la prochaine fois que vous êtes sous pression, au lieu de visualiser les choses se passant de la façon la pire possible et de créer ainsi une prophétie auto-réalisatrice néfaste, vous faisiez exactement le contraire ?

Pensez à une situation potentielle où une peur illogique peut vous causer des difficultés. Ensuite, après que vous vous soyez rasséréné dans votre fauteuil préféré ou sur votre lit, commencez à imaginer avec autant de clarté que possible que tout va bien, très bien.

Vous pourrez vous voir atterrir à votre aéroport de destination en étant tout à fait calme et serein, rire du serpent terrifié qui s’enfuit dans le sous-bois ou constater que les participants aux funérailles viennent à votre rencontre en larmes, disant combien ils ont été émus par votre discours.

Je ne vais pas entrer dans les détails de la mécanique qui fait que cela fonctionne, mais croyez-moi, ça fonctionne, si vous respectez la méthode.

 

Être bienveillant avec soi-même.

Vous êtes composé de nombreuses parties : il y a vous le drôle, vous le bon, le misérable, le curieux, le gémissant, le sérieux, le ludique, etc.

Malheureusement, la plupart des gens aiment refouler les parties d’eux-mêmes qu’ils n’apprécient pas. Ils ont des conversations internes qui sont parfois plus proches du combat que d’autre chose, où ils se convainquent que les choses ne sont pas comme elles devraient être.

Dommage, car c’est pourtant exactement comme ça qu’elles devraient être !

Si vous essayez d’ignorer les côtés de votre personnalité qui nécessitent le plus votre aide, ils reviendront vous hanter indéfiniment. Être bienveillant avec vous signifie accepter que vous ne soyez pas parfait et cela signifie que vous devez éviter de vous honnir lorsque les choses tournent mal.

Observez vos sentiments plus souvent, plutôt que de les juger. Soyez curieux de savoir ce qui se passe, parce que votre cerveau est incroyablement brillant et sait faire des choses qu’il sait pouvoir vous aider.

De temps en temps, comme le meilleur de nous-même, il fait des erreurs, mais ce n’est jamais une raison suffisante pour lui faire du mal. Respectez-le, parlez-lui avec amour et surtout, invitez-le à trouver d’autres façons de faire.

Cela semble sans doute très fumeux à certains, mais pensez sérieusement à ce que je dis et je suis sûr que vous en verrez la logique. En tout cas, essayer ce genre d’attitude est certainement plus judicieux que de répéter des comportements qui ont toujours échoué.