Peu importe que vous soyez coach de vie, thérapeute ou éleveur de poulets, vous ne disposez que d’une quantité limitée de volonté chaque jour.

Combien vous en avez dépendra d’une multitude de facteurs autres que vos seules prédispositions génétiques.

Par exemple, si vous êtes fatigué, alcoolisé, stressé ou ne vous sentez pas très bien, vous aurez moins de volonté que si vous vous sentez particulièrement en forme, reposé et énergique.

Votre état de forme joue un rôle significatif dans la dose de volonté que vous êtes en mesure de mobiliser et cela explique que vous cèderez plus facilement à la tentation quand vous serez en état de fragilité.

 

Pourquoi votre cerveau réagit-il comme cela ?

D’un point de vue neurologique, vous n’avez tout simplement pas assez de glucose dans votre cortex préfrontal pour vous aider à dire non à la partie de votre cerveau qui recherche le plaisir.

Dans de tels cas, votre cerveau détourne toute l’énergie dont vous auriez besoin pour stimuler votre volonté et s’en sert pour faire face à vos autres problèmes qui, selon lui, sont plus importants pour votre survie immédiate.

C’est pourquoi tenter d’arrêter de fumer, par exemple, à l’occasion d’un autre changement dans votre vie — changement de poste, déménagement, changement de partenaire, etc. — est généralement une mauvaise stratégie. Votre cerveau va utiliser toutes ses ressources pour faire face aux nouveautés de votre environnement afin de s’assurer qu’il survive et n’aura plus suffisamment d’énergie à consacrer au fait de stopper une habitude qui ne vous a pas tué jusqu’à présent.

Pour maximiser les chances de parvenir à ce genre d’objectif, il faut être en période stable et pouvoir consacrer une grande partie de son énergie à cela.

 

Il faut bien admettre que l’une des meilleures façons de ne pas être victime de la tentation est de l’enlever de l’équation.

C’est la raison pour laquelle les alcooliques sevrés évitent les bars et ont tendance à ne pas garder d’alcool chez eux ; de même, les anciens toxicomanes ne décident généralement pas de passer leur week-end en rave.

 

La volonté ne fonctionne pas en solo

Il est particulièrement difficile de juger combien de volonté l’on a et, souvent, résister à une tentation est plus compliqué que prévu. Chaque fois que l’on dit non à une tentation, les réserves d’énergie se réduisent un peu plus et elles finissent par s’épuiser.

Donc, si la volonté est simplement une question de réserves d’énergie, en laissant de côté la génétique, pourquoi certaines personnes semblent-elles en avoir beaucoup plus que d’autres ?

Comment se fait-il que certaines personnes semblent encore disposer d’une volonté inflexible, même face à une forte adversité et avec des réserves d’énergie largement entamées ?

C’est peut-être parce qu’il y a quelque chose de plus fort que la volonté : la motivation.

 

La motivation comme ingrédient principal pour une volonté forte

La motivation est ce dont vous avez besoin lorsque votre volonté commence à flancher. Ou plutôt, ce dont vous avez besoin pour soutenir votre volonté.

Imaginez une femme qui vient d’arrêter de fumer.

Elle a eu une semaine difficile avec un enchaînement de choses qui sont allées de travers, à la maison et au travail. Elle est partie se détendre avec une collègue fumeuse et prendre un verre après le travail.

Son amie lui offre une cigarette et elle dit non. Puis, après deux ou trois verres de plus, elle lui repropose en lui servant l’habituel « allez ! une seule ne peut pas te faire de mal », et encore une fois la femme décline.

Mais lorsque, un peu plus tard, pour la troisième fois, son amie lui propose alors qu’elle est quelque part entre pompette et éreintée, ses réserves de volonté presque à zéro, elle s’effondre et répond.

« Tu as raison, une seule ne peut pas faire de mal, n’est-ce pas ? Et j’ai eu une très mauvaise semaine ».

Remarquez aussi l’auto-justification. Les personnes qui n’ont plus de volonté chercheront presque toujours à se justifier.

Cela n’empêchera pas cette dame de se sentir mal plus tard du fait de sa décision, mais elle arrête la dissonance cognitive (la tenue de deux opinions contradictoires à la fois) : être satisfaite tout en se sentant mal en même temps.

 

Maintenant, imaginez le même scénario, mais cette fois, alors que la femme accepte la cigarette, je marche vers elle en tenant son lapin préféré par les oreilles et en pointant une arme sur la tête du petit animal terrifié.

Je lui dis : « Fume ça et Jeannot Lapin y passe ! »

En supposant que sa consommation excessive d’alcool n’ait pas créé une envie irrépressible de lapin en sauce, il y a une forte probabilité pour qu’elle range sa cigarette.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que, même si ses niveaux de volonté n’ont pas changé, sa motivation, elle, a explosé.

 

Choisir le bon type de motivation

Trouver la bonne motivation pour stimuler l’exercice de sa volonté n’est pas forcément chose facile.

Si vous voulez arrêter de boire de l’alcool et que vous posez que si vous ne tenez pas votre résolution, vous vous engagez à courir le marathon de Paris, sachez qu’il y a peu de probabilité pour que vous arrêtiez de boire.

En effet, vous préparer pour courir le marathon, dans son aspect de soin de votre dimension physique, est quelque chose que vous allez interpréter comme positif pour vous. Donc boire ET courir le marathon iront très bien ensemble dans votre tête, comme deux choses positives : l’une agréable et l’autre saine.

Il n’y aura pas de contradiction entre vos valeurs fondamentales et la sanction. Cette dernière n’apporte donc aucune motivation. Elle ne vous aide pas.

En revanche, si vous décidez qu’en cas d’échec à arrêter de boire, vous devrez verser 1.000€ au Front National (ou à n’importe quel parti politique dont vous ne partagez pas les valeurs), là, ça pique un peu plus…

Le truc est que, pour vous motiver et donc renforcer votre volonté, vous aurez toujours avantage à faire intervenir vos valeurs de vie. Vous pouvez les faire intervenir en positif, c’est-à-dire motiver une action par une valeur de vie incontournable pour vous ; ou vous pouvez les faire intervenir en opposition, comme dans le cas de subventionner le FN, c’est-à-dire en mettant en place une stratégie qui vous mènerait à l’opposé de vos valeurs de vie si vous faiblissiez dans votre volonté. Or, agir en opposition avec ses valeurs de vie n’étant pas envisageable, ce doit être une motivation suffisamment forte pour tenir vos résolutions.

 

Le moyen le plus efficace pour atteindre ses objectifs est de connaître, puis de se concentrer sur votre motivation profonde liée à vos valeurs de vie. C’est le relais le plus puissant pour étayer votre volonté.