Part 2 / 2 : La méthode et son application.

 

Je vous ai présenté, dans mon précédent post, les fondements de la méthode que j’emploie pour effectuer des choix de vie. C’est une méthode que je qualifierais de « par le haut », a contrario de la méthode scientifique habituelle que je qualifie de « par le bas ».

 

Pour en venir au fait, la méthode pour sécuriser ses choix se déroule en trois étapes, de la façon suivante :

 

1. Définir ses valeurs

La dimension matérielle se décompose en trop d’éléments différents inter-agissants (effet papillon), pour permettre, même avec l’aide d’une dimension psycho-émotionnelle performante, de constituer une base de réflexion solide pour opérer un choix complexe. Certes, c’est une dimension dont il faut tenir compte, mais plus comme variable d’ajustement que comme point de départ.

Le principe est donc de se simplifier la tâche en prenant en compte, au départ de la réflexion sur le choix en question, un nombre limité de critères. Ces critères sont par définition justes pour vous, puisque ce sont vos valeurs de vie personnelles.

Encore vous faut-il les définir de façon consciente et déterminée. Il y a un certain temps, j’avais écrit un post qui peut vous aider en matière de détermination de vos valeurs de vie.

Déterminez donc vos valeurs de vie. Vous êtes la seule personne à pouvoir le faire, même si un accompagnement peut vous faciliter grandement la tâche, notamment pour différencier les valeurs de vie réelles avec les choses qui sont importantes pour vous dans votre vie.

Une valeur de vie, c’est certes une valeur qui s’applique dans votre vie, mais c’est également une valeur qui génère de la vie.

Pour prendre un exemple, la première valeur de vie qui m’est généralement citée par les personnes que j’accompagne est « la famille » (sans doute une vieille réminiscence du pétainisme…). Toutefois, jusqu’à présent, personne n’a pu m’expliquer en quoi sa conception de la famille constitue une valeur de vie.

La famille est certes un cadre au sein duquel un grand nombre de belles valeurs de vie peuvent se mettre en pratique. C’est également un élément extrêmement important pour bon nombre d’entre nous, mais ce n’est pas une valeur de vie en soi, selon la conception qu’en a cette méthode.

Encore une fois, vous pouvez vous reporter à mon précédent post intitulé « Le choix du camp » si vous désirez plus de précisions en la matière.

La démarche est donc de définir vos valeurs de vie, une fois le choix de votre camp effectué, puis de les hiérarchiser. Là aussi, pour plus de précisions vous pouvez vous reporter à mon précédent post intitulé « La hiérarchisation des valeurs ».

Le principe, si l’on choisit le camp des valeurs de vie unitaires, c’est de poser l’unité comme valeur supérieure, puis de classifier ses valeurs de vie au sein des trois systèmes propres à générer cette unité : les systèmes « Amour », « Conscience » et « Évolution ».

Là, ce serait sans doute un peu trop long de vous expliquer dans un post les tenants et aboutissants du pourquoi de ces trois systèmes, mais si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à prendre contact avec moi.

En tout état de cause, une fois ce travail effectué, vous disposez d’un outil remarquablement efficace pour effectuer des choix complexes. Encore faut-il savoir s’en servir.

 

2. Appliquer ses valeurs, dans les 3 dimensions.

Je disais précédemment que le vivant est composé de trois dimensions : la dimension matérielle, la dimension psycho-émotionnelle et la dimension spirituelle. Ces trois dimensions, bien que différentes, communiquent les unes avec les autres : les valeurs (dimension spirituelle) se déclinent en pensées (dimension psycho-émotionnelle), et les pensées se déclinent en actions (dimension matérielle).

Pour un choix complexe, seul l’intégration de ces trois étapes, donc de ces trois dimensions, dans cet ordre et dans une logique de cohérence, est gagnant à coup sûr.

Pour prendre un exemple vécu : une adolescente choisit de quitter son petit ami pour commencer une histoire sentimentale avec un de leurs amis communs. Quelques jours après la rupture, ladite adolescente choisit de présenter son nouveau petit ami à son ancien. Ce dernier est retrouvé, le lendemain, pendu au fond du jardin familial.

Prenons un second exemple, tout aussi vécu je vous l’assure : une adolescente choisit de quitter son petit ami pour commencer une histoire sentimentale avec un de leurs amis communs. Quelques jours après la rupture, ladite adolescente choisit de présenter son nouveau petit ami à son ancien. Mis mal à l’aise par la réaction de son ami avec lequel il perd instantanément tout contact, le nouvel élu de la jeune fille s’en ouvre à sa mère.

Malgré le refus de son fils, la mère de ce garçon téléphone à la mère du garçon malheureux en amour et met au point un ensemble d’actions, incluant son fils et sa petite amie, pour adoucir la situation de l’adolescent à la dérive (c’est la mère de ce dernier qui constate qu’il est à la dérive). Ensemble, ils l’intègrent dans un environnement d’empathie, d’amour et d’actions communes qui ont au moins la vertu de faire en sorte que le garçon ne se sente pas seul et rejeté. Ce garçon est toujours en vie et est parvenu à faire, relativement rapidement, le deuil de sa relation amoureuse, malgré l’importance capitale qu’elle avait pour lui.

Si vous le voulez bien, décryptons.

Mon propos n’est pas de juger quoi que ce soit, ni qui que ce soit, et je n’aborderai pas le sujet du choix de l’adolescente de quitter son premier petit ami. Nous avons tous vécu cela à cet âge et c’est l’un des apprentissages douloureux qui correspond à cette période de la vie.

C’est le choix de présenter, aussi rapidement, le nouveau petit ami à l’ancien qui pose problème. Sans vouloir faire de procès d’intention à qui que ce soit, essayons de voir quelles sont les valeurs de vie qui pourraient être impliquées dans ces situations.

Le fait de choisir un petit ami pourrait être facilement relié à la valeur « amour ». Le fait de présenter son nouveau petit ami à son ancien pourrait être relié aux valeur « franchise » et « partage ».

Toutes ces valeurs sont clairement des valeurs unitaires, alors pourquoi, dans le premier exemple, un être humain en début de vie est-il mort de cette situation ?

En fait, il y a un ensemble de valeurs qui est furieusement absent du contexte : les valeurs « considération », « compréhension », « empathie », « conscience de l’autre » et je pourrais continuer longtemps à égrener le nom de valeurs majeures absente de cette réalité.

La valeur « amour » ne prend en compte, dans cet exemple, que ceux qui le vivent favorablement, elle est tournée vers l’intérieur du nouveau couple et non vers l’autre. La valeur « franchise » n’est appliquée que pour satisfaire la bonne conscience de ceux qui l’exercent et fait fi de la façon dont elle est reçue. La valeur « partage » est imposée à l’autre sans aucune considération pour celui auquel elle s’adresse.

Bref, les valeurs de vie sont appliquées de façon centripète, au lieu de centrifuge. Elles génèrent donc de la séparation (et quelle séparation !) alors même qu’elles étaient, très vraisemblablement, destinées à générer de l’unité.

Dans le second exemple, à partir d’une même situation, aussi mal embringuée, le nouveau petit ami fait preuve des valeurs de « conscience » (du malaise généré par la rencontre avec son prédécesseur) et de « partage » (de la situation avec sa mère). Il n’est pas allé plus loin dans la construction de l’unité, mais c’est déjà beaucoup pour un adolescent.

La mère, quand elle a choisi d’intervenir malgré le refus de son fils, a su faire preuve des valeurs de « d’empathie » (tant vis-à-vis de son fils que vis-à-vis du garçon en détresse), « de conscience » (en intégrant les conséquences possibles de la situation), de « responsabilité » (en s’impliquant personnellement dans la mise en place de contre-mesures) et de « respect de l’autre » (en limitant ensuite son intervention pour laisser le maximum de place aux protagonistes divers pour reconstruire une nouvelle forme d’unité).

Les trois dimensions sont intervenues pour résoudre le problème : la dimension spirituelle à travers les valeurs développées, la dimension psycho-émotionnelle par l’analyse et la communication mises en place et la dimension concrète par l’ensemble d’actions réalisées. Mais le déclencheur et le moteur, c’est la dimension spirituelle.

 

3. Intégrer la notion de temps.

Un choix a forcément des conséquences sur la durée. Il faut savoir les distinguer et les comprendre, malgré le décalage éventuel entre le moment où l’on a fait le choix et le moment où certaines conséquences se produisent.

L’exercice de valeurs unitaires engendrera peut-être certains désagréments à court terme, mais à long terme, vous vous féliciterez toujours de vos choix pris à la lumière de votre système de valeurs.

Intégrez la patience et la persévérance (voire l’opiniâtreté) dans votre boîte à outils de comportements. Elles vous permettront de prendre conscience de l’efficacité redoutable de cette méthode.

Votre choix sera le bon, pour vous au sein de votre groupe de valeurs de vie (votre camp réunissant toutes les personnes qui partagent vos valeurs). A un moment ou à un autre, la vie vous démontrera que c’était le meilleur choix possible. Parfois il vous faudra un peu de patience pour le réaliser, mais au bout du compte vous comprendrez que vous avez fait le bon choix.

 

 

Dans l’absolu, il faut savoir que la justesse d’un choix se heurte toujours à la liberté de choix de l’autre. Il n’y a donc aucun moyen matériel de prévoir avec certitude la justesse universelle d’un choix. La seule aune de la justesse de votre choix, c’est vous-même et le camp dont ce choix vous rapproche.

Gardez bien à l’esprit cette certitude (il en faut bien quelques-unes…) : la vie est plus intelligente que vous et moi réunis.