L’anxiété et la dépression se propagent dans le monde occidental, hors de tout contrôle et sans aucun signe de ralentissement.

Les prescriptions de médicaments pour ce type de problèmes atteignent des niveaux ahurissants alors que les gens essaient de comprendre comment être heureux dans un monde généralement déprimant.

C’est une bataille difficile qui ne fera que s’aggraver, tant il est vrai que nous sommes les responsables de notre propre misère.

Et quand je dis « nous », je ne veux pas dire nécessairement que nous générons nos propres anxiété et dépression, même si c’est parfois le cas.

Mais à un niveau sociétal, nous en rajoutons largement.

Une industrie de la peur

Le travail numéro un des chaînes d’information n’est pas de vous informer, ce n’est pour elles qu’un objectif accessoire. C’est plus une couverture sous laquelle ils opèrent pour se maintenir un semblant de crédibilité.

Leur travail numéro un est de générer des revenus par la peur (ou au moins par l’émotion).

Bien sûr, il existe des journalistes, passionnés et honnêtes, qui souhaitent vraiment découvrir le fond des choses, exposer les torts du monde et, espérons-le, en faire un meilleur endroit.

Mais en tant qu’industrie, elle ne traite que de peurs et d’émotions.

Vous ne risquez pas d’être un téléspectateur assidu si le message des actualités est : « Aujourd’hui, 45 millions d’enfants n’ont pas été maltraités, n’ont pas été harcelés à l’école et ils ont tous fait leurs devoirs ».

En revanche, une histoire du genre « un enfant enlevé sur le chemin de l’école par un pédophile connu » vous fera probablement regarder, surtout si vous avez des enfants.

Cela augmentera également votre niveau de peur, même si ce n’est que très progressivement.

À cause des médias sociaux et des communications modernes, de telles histoires se propagent comme une traînée de poudre.

L’heuristique de disponibilité

Il existe quelque chose en psychologie appelé l’heuristique de disponibilité.

Une heuristique est fondamentalement un raccourci dans notre pensée qui nous permet de prendre des décisions plus rapidement et cela peut être très utile.

Cependant, cela est souvent susceptible de corrompre nos pensées et de les rendre inexactes.

À cause des reportages et de l’utilisation des médias sociaux, la plupart des parents vous diront que le monde est un lieu de plus en plus dangereux et qu’il serait bon de vous inquiéter pour vos enfants. Mais est-ce vraiment la réalité ?

Les statistiques ne corroborent pas réellement cette croyance.

Nous assistons aux horribles attentats à Paris et sommes bouleversés, scandalisés par les actions de quelques personnes.

Oui, 12 personnes sont mortes dans un acte barbare, odieux et dégoûtant, mais cela ne représente que moins de 2 jours de tués sur la route.

Pourtant, ces derniers ne font pas les gros titres et la plupart d’entre nous ne s’en inquiète qu’accessoirement.

Le but du terrorisme est de répandre la terreur et de faire croire que l’on coure plus de risques que réellement.

Quand nous voyons heure après heure la couverture du terrorisme, l’heuristique de disponibilité entre en jeu et nous commençons à penser que cela représente une menace beaucoup plus grande pour notre propre sécurité que ce qu’elle n’est en réalité.

La réalité du danger

Vous courez un risque incommensurablement plus élevé d’être assassiné par un membre de votre famille, de mourir d’une piqûre d’abeille ou de vous noyer dans votre bain que d’être assassiné par des terroristes. Ça, c’est un fait.

Pourtant, si vous écoutez les chaînes d’informations, vous pourriez être persuadé que la fin du monde est imminente.

C’est peut-être le cas, mais cela ne s’est pas encore produit.

Il est tout à fait peu probable que vous soyez tué par un terroriste, que vous attrapiez le virus Ebola ou que votre enfant soit enlevé parce que vous avez été trop flemmard pour l’accompagner à l’école.

La peur fait vendre

Le principal ingrédient de base de la vente est la peur.

Plus une personne, voire une entreprise, a peur des choses, plus elle a de chances d’acheter ce qu’elle perçoit comme une solution.

Microsoft a largement surpayé lors de l’acquisition de Skype en raison de ses craintes.

Ils ont payé 8,5 milliards de dollars alors qu’en réalité, la valeur était probablement plutôt dix fois moindre pour une entreprise qui, au cours des 6 mois précédents, n’avait réalisé qu’un bénéfice de 11 millions de dollars.

Alors, pourquoi l’ont-ils fait ?

Parce qu’ils avaient peur que Google l’achète et domine ce marché comme presque tous les autres.

Si vous passez plus d’une demi-heure à écouter des publicités à la radio ou à les regarder à la télévision, vous remarquerez que la grande majorité tente d’instiller la peur.

Certaines sont très subtiles, voire imperceptibles, d’autres clairement plus évidentes.

La carte de la peur est TOUJOURS sur la table

Comment la publicité d’une voiture peut-elle utiliser la peur pour vous inciter à acheter ?

Les marques comptent sur la peur du spectateur de ne pas présenter la bonne image au volant, ou de craindre un manque de fiabilité de son véhicule, au risque de tomber en panne au milieu de la pampa (et il n’y aura pas toujours une équipe de rugbymen pour vous secourir).

Vous pouvez également craindre que l’offre spéciale en cours ne prenne fin, vous privant de la chance inouïe d’obtenir la voiture de vos rêves avec 0% de réduction et de pouvoir l’acquérir en seulement 197 échéances.

Tout est question de peur :

Peur pour votre santé Peur pour la santé de vos enfants,

Peur de ne pas être financièrement à l’abri,

Peur de manquer,

Peur de ne pas être informé,

Peur que d’avoir l’air bête,

Peur de ne pas être assez bon par rapport aux stéréotypes ridicules édictés par les médias.

La peur au travail

Même les employeurs utilisent la peur, à la fois ouvertement et plus sournoisement.

Sous forme de menaces de perdre votre emploi si vous n’acceptez pas d’assumer le travail d’un collègue qui a été mis à pied, même si votre rémunération reste la même.

Ou plus sournoisement, en encourageant la culture de celui ou celle qui travaille le plus longtemps et prend en charge la plupart des projets, peu importe les effets pour leur santé et / ou leur vie de famille.

Les parents aussi utilisent souvent la peur pour amener les enfants à faire face à leur vision de la réalité.

« Si tu ne réussis pas à l’école, tu n’iras pas à l’Université et tu n’obtiendras jamais un travail décent ».

« Si tu ne vas pas te coucher, le père Noël ne viendra pas ».

« Si tu ne manges pas ta soupe, tu seras privé de dessert ».

Il parait impossible d’avoir un monde sans peur. Pour des raisons de survie, nous sommes déterminés à en être plus conscients que du plaisir.

Il est également impossible de ne jamais l’utiliser.

Est-ce que je ne l’utilise pas ce post, dans une certaine mesure, pour vous amener à avoir un nouveau regard sur la peur et peut-être en être plus conscient pour réévaluer votre relation avec elle ?

Alors, que faisons-nous pour réduire la peur ?

Les États-Unis représentent environ 5% de la population mondiale, mais consomment 75% des médicaments sur ordonnance dans le monde (source : Office des Nations Unies contre la drogue et le crime) .

Les plus gros consommateurs d’antidépresseurs au monde ? Les Islandais… (source étude OCDE 2017). Les français n’arrivent qu’en vingtième position. Vous voyez, les choses ne sont pas si noires que ça pour nous.

Cette étude de l’OCDE rappelle que le suicide est la deuxième cause de décès chez les 15-29 ans alors que la dépression est la troisième cause de maladie chez les adolescents.

La peur est au centre de ce phénomène.

En gros, ils ne sont pas nés comme ça, nous (la société) les avons rendus comme ça. Nous sommes responsables, en quelque sorte.

Je doute que cet article puisse changer le monde, mais j’espère que cela vous permettra de reconsidérer votre peur et je vous demanderai de vous poser les questions suivantes :

Dois-je regarder autant les nouvelles télévisées si cela me fait déprimer ? Est-ce qu’être informé est plus bénéfique que d’être heureux ?

Dois-je m’endetter outrancièrement pour suivre mes amis et conserver mon statut social ?

Dois-je rester dans mon travail stressant (et le stress est très voisin de la peur, soit dit en passant) quand cela a un impact négatif sur ma santé ?

Puis-je m’arrêter un instant et réfléchir à la question de savoir si rater cette offre promotionnelle d’un jour est si grave ?

Puis-je utiliser des encouragements positifs avec d’autres (surtout les enfants) plutôt que des menaces ?

Puis-je décider de m’arrêter deux secondes pour réfléchir, lorsque j’ai peur de quelque chose, et essayer de comprendre si cela présente réellement un danger ou si c’est mon cerveau qui prend un raccourci abusif ?

Il existe des méthodes qui visent à faciliter cette prise de conscience, comme la méditation, et d’autres qui sont censées lutter contre les peurs, comme les statistiques ou l’alcoolisme… La première est certainement mieux connectée à votre bonheur que la seconde…. Cela va sans dire. Je ne mets évidemment pas les deux méthodes sur un même pied. C’était juste pour faire un trait d’humour… désolé… même s’il semble que la seconde méthode soit plus répandue que la première…

Une autre méthode vraiment efficace, mais seuls les initiés seront susceptibles de me croire, passe par l’utilisation des valeurs de vie.
Quand elles sont correctement travaillées, on sait que c’est elles qui constituent notre moi profond. A partir de là, les prioriser, et se faire confiance à travers elles, permet de ne plus avoir peur de grand-chose.

Dans la mesure où vous êtes toujours à même de contrôler vos valeurs de vie et que c’est ce qui vous constitue fondamentalement, il n’existe aucun réel danger existentiel. Le reste relève d’un minimum de prudence et des intentions de la vie à votre égard.

Essayez et vous constaterez l’efficacité de la démarche… si vous voulez…