Un objectif fréquent que je rencontre avec les personnes que j’accompagne en coaching de vie, est la lutte contre la solitude et, son corolaire fréquent : trouver l’âme sœur.

Nous savons tous qu’aujourd’hui, pour faire des rencontres, la voie la plus aisée est celle des sites spécialisés : Meetic, DisonsDemain, AttractiveWorld, Tinder, etc.

Je ne suis pas un spécialiste de ce type de sites, mais je constate, grâce à toutes ces personnes qui me font confiance, que la plus extrême prudence doit être observée quand on évolue dans cet environnement.

Je vais vraisemblablement, pour beaucoup d’entre vous, paraître comme celui qui enfonce des portes ouvertes, mais l’expérience me montre que nombreuses sont les personnes qui ne disposent pas de tous les repères pour effectuer une démarche, en matière de rencontres, qui ait la moindre chance de leur apporter ce qu’ils ou elles en attendent.

 

Deux exemples :

J’accompagnais une femme qui avait une pratique assez régulière des sites de rencontre, avec un objectif de trouver l’âme sœur pour une relation durable avec toutes les valeurs que cela peut comporter : respect mutuel, harmonie, échange, etc. et, également, vie sexuelle épanouie.

Le sujet c’est que, dans les fait, elle se croyait obligée de faire passer ce dernier élément comme prioritaire avec les hommes qu’elle rencontrait. Elle pensait que, comme les hommes attendaient de ces rencontres une dimension sexuelle, elle devait accepter de satisfaire leur attente pour pouvoir développer, ensuite, une relation axée sur la découverte de l’autre et l’entente à long terme.

Le résultat est qu’elle se retrouvait toujours avec des hommes qui ne cherchaient, en fait, qu’une relation sexuelle passagère, malgré toutes les assurances verbales qu’ils pouvaient lui donner.

Finalement, cette femme perdait toute sa confiance en soi, s’aigrissait en se persuadant que « tous les hommes sont des salauds », tout cela débouchant sur le désespoir de se voir finir sa vie seule et donc sur un début de dépression.

 

A contrario (quoi que…), je me souviens de cette jeune femme, belle comme le jour intérieurement comme extérieurement, qui tentait désespérément de trouver un compagnon grâce aux rencontres initiées sur internet et qui débarque un jour chez moi, complètement perdue en me disant : « je ne comprends pas, j’ai rencontré un homme sur internet. Nous avons eu un premier rendez-vous qui s’est super bien passé, mais, une fois devant ma porte, je lui ai demandé s’il voulait prolonger la soirée chez moi et il m’a répondu que c’était trop tôt et qu’il préférait ne pas accepter ce soir-là. Est-ce que je suis moche à ce point-là ? C’est dommage, parce qu’il me plaisait bien… qu’est-ce que j’ai fait de mal pour qu’il refuse ? »

Comme, elle aussi, était dans une recherche de liaison à long terme, il m’a été aisé de lui dire qu’elle avait peut-être enfin rencontré la perle rare dans ce genre d’environnement, à savoir un homme qui a encore des repères cohérents pour développer une relation amoureuse.

Je l’ai donc coaché sur la manière dont une femme peut se comporter si elle souhaite construire une relation durable.

Elle m’a rappelé quelques mois après la série de séances de coaching (qui avaient, en fait, d’autres objectifs que celui-là) pour me dire qu’elle avait déménagé dans une autre région, que l’homme dont elle m’avait parlé était devenu son mari et qu’elle coulait des jours parfaitement heureux avec lui.

 

Tout ça pour dire quoi ?

Tout ça pour dire que, à mon avis, il y un ordre et une cohérence à respecter en fonction du sens que vous voulez donner à vos actions.

SI l’objectif de la rencontre que vous recherchez est le plaisir d’une relation éphémère débouchant sur la satisfaction des sens, il est parfaitement cohérent d’accepter la relation physique sans autres explorations de la personne que de valider le fait qu’elle vous plaise physiquement.

En revanche, n’attendez rien d’autre de cette relation : ni valorisation personnelle, ni relation de respect à long terme (sauf miracle, bien entendu), ni empathie particulière. C’est l’acte pour l’acte ; c’est vivre la dimension matérielle pour ce qu’elle peut apporter. Si vous en attendez davantage, vous allez, selon toute vraisemblance, vous planter.

Je me souviens d’un homme qui me disait que son plus grand plaisir était de mettre la main dans la culotte d’une fille… Il rencontrait beaucoup de filles et avait donc, j’imagine, beaucoup de plaisir. Sa réalité était qu’il finissait par ressentir que sa vie ne le menait nulle part : divorcé avec un fils qu’il voyait de temps en temps, seul malgré les nombreuses rencontres qu’il faisait, un petit boulot que la quarantaine confirmée rendait de plus en plus aléatoire. Bref, une vie dans laquelle profondeur et évolution n’étaient clairement pas à l’honneur.

Je ne juge pas la personne, je dis simplement que la vie a des cohérences et que nos choix s’inscrivent en leurs seins. Il faut bien s’assurer que nos choix s’inscrivent bien dans la cohérence qui nous correspond, celle qui aboutit à notre bonheur et, dans l’exemple que je viens de citer, ce n’était malheureusement pas le cas.

 

Si l’objectif de la rencontre est de trouver l’âme sœur pour une relation profonde à long terme, vous ne pouvez procéder de la même façon. La profondeur est à la fois plus exigeante et plus gratifiante (même si tout dépend de votre objectif, évidemment).

Si la personne que vous convoitez est belle, riche, intelligente et pleine d’humour, et bien… ça ne suffit toujours pas pour fonder une relation durablement profonde. C’est dommage… mais c’est comme ça dans la plupart des cas.

Vous pouvez contester cet avis purement personnel, mais il est le fruit d’un certain nombre d’années de fréquentation de personnes en souffrance dans leur relation amoureuse, et, à ce titre, s’il n’a aucunement la prétention d’être une vérité universelle, il a une certaine validité empirique.

Pour progresser harmonieusement dans une relation affective débutante, je vous suggère la démarche suivante :

1. Planifiez une rencontre dans un endroit neutre (au restaurant par exemple).

2. Commencez par oublier la dimension sexuelle pour quelques temps.

3. Orientez la discussion de manière à obtenir des indications sur les valeurs de vie de la personne en face de vous (si vous avez préalablement travaillé les vôtres, ce sera plus facile).

Laissez la personne prendre l’initiative de la discussion. Si elle ne vous parle que d’argent, ou de ses prouesses sexuelles avec ses précédent(e)s partenaires (j’ai rencontré ce cas par coaché interposé…), ou passe son temps à parler d’elle-même sans s’intéresser à votre vie… ou tout ça à la fois… passez votre chemin. Vous pourrez monter, descendre, faire la danse du ventre ou les pieds au mur, la profondeur que vous recherchez n’est pas accessible à cette personne.

Si, en revanche la personne se montre attentionnée, à l’écoute, vous valorise, montre une curiosité de son environnement dans une démarche bienveillante et ouverte, bref est dans l’unité, passez à l’étape suivante car vous venez de valider sa dimension spirituelle (consciente ou inconsciente, forte ou simplement embryonnaire).

4. Orientez maintenant la discussion sur le contenu de ses journées : son travail, ses loisirs, son environnement familial, etc.

Si elle (la personne) a des enfants et vous affirme que toute relation sentimentale passera, de toute façon, après l’intérêt de ses enfants, c’est mauvais signe…

Non pas qu’il soit condamnable que ses enfants soient importants pour elle, mais parce que cela indique une limite dans sa capacité à mettre en pratique, dans le futur, des solutions constructives permettant une harmonie collective dans un contexte forcément plus compliqué puisque ce ne sont pas vos enfants à vous.

Si la personne vous affirme qu’elle a un hobby prioritaire pendant ses week-end : golf, escalade ou n’importe quoi d’autre qui constitue son territoire personnel protégé, c’est également mauvais signe…

Vous comprenez ce que je veux dire ? Toute vision figée d’éléments de vie, affirmée comme telle sans discussion possible dénote une pauvreté intellectuelle, voire une paresse qui réserve de mauvaises surprises à la personne ouverte que vous êtes.

Si vous rencontrez ce genre de personnes, approfondissez quand même pour voir s’il y a une marge de progression en la matière. On peut toujours avoir de bonnes surprises…

 

Si, en revanche, elle inclue des possibilités d’évolutions en fonction de la personne qui partagera sa vie, si elle est prête à mettre en question ses éventuelles certitudes et habitudes, vous êtes en présence d’une personne riche qui pourrait vous correspondre.

Si, en plus, elle mène la discussion avec humour, c’est la cerise sur le gâteau.

Vous avez désormais partiellement validé sa dimension intellectuelle. Si celle-ci vous convient, rentrez sagement chez vous et passez à l’étape suivante.

 

5. Recommencez la démarche à partir de l’étape numéro 1 au cours d’une seconde rencontre, car une première rencontre ne peut validement vous apporter une connaissance suffisante de la personne.

N’oubliez pas de vous faire respecter. La personne peut vouloir avancer plus rapidement vers une relation physique, ce n’est pas pour autant que vous devez le faire si vous ne le sentez pas.

Ne vous mettez pas la pression à ce sujet. Plus l’autre sera capable d’attendre, plus ce sera un signe de fiabilité de sa part. Et, s’il (ou elle) n’est pas capable d’attendre, cela signifie qu’il ne vous juge pas digne de cet effort et que, en conséquence, vous pouvez retourner vers votre ordinateur pour trouver quelqu’un d’autre.

Ce n’est pas grave, il est nécessaire d’être sélectif, quelle que soit votre impatience à ne plus être seul(e) si vous voulez avoir une chance de vivre le bonheur auquel vous aspirez.

 

6. Répétez encore la démarche depuis l’étape 1 autant de fois que nécessaire, jusqu’à ce que vous sentiez une intimité saine et positive s’installer entre vous.

Vous pouvez imaginer plein de types de sorties différentes pour animer votre relation, mais vous ne pouvez faire la moindre concession sur le fait d’avoir des relations physiques tant que ces dernières ne s’imposent harmonieusement, amoureusement à vous.

 

Vous aurez compris le sens des choses : pour s’inscrire dans la profondeur, donc dans la durée, et ce quelle que soit la situation, une démarche doit aller de haut en bas : débuter par avoir un sens et les valeurs qui y sont associées (dimension spirituelle), être le fruit d’une réflexion cohérente, ouverte et constructive (dimension intellectuelle ou psycho-émotionnelle) et enfin seulement s’inscrire dans le concret, comme l’aboutissement naturel de tout processus d’évolution.

Dans une démarche de recherche de l’âme sœur pour une relation affective profonde, votre corps est celui d’une princesse (ou d’un prince) et la personne à qui vous en concèderez l’accès doit impérativement l’avoir mérité à vos yeux.

Effectuer le parcours inverse peut vous procurer des satisfactions : du plaisir, de la distraction, vous changer les idées, etc., et, si c’est ce que vous recherchez, pourquoi pas.

Sachez que la vie a des cohérences et que vouloir s’en abstraire risque fort de vous réserver de mauvaises expériences.

Alors, je suis probablement vieux-jeu, ou j’enfonce des portes ouvertes, mais je reçois tellement de personnes, en coaching de vie, qui sont confrontées à ce type de problème qu’il ne me semblait pas inutile d’écrire ce post.