Vous connaissez probablement déjà très bien les impressionnantes capacités d’auto-sabotage du cerveau.

Une glace à 2 heures du matin, ça vous tente ? Vous avez des doutes avant de vous lancer dans un entretien d’embauche ?

Mais aujourd’hui, je veux parler d’une autre façon dont notre cerveau cherche à nous berner, en obscurcissant notre vision de l’avenir afin que nous puissions faire des choix stupides en matière de bonheur.

À titre d’exemple, considérons la perte de poids. Cela ressemble à un objectif simple, qui nous rendra plus heureux de façon quasi-garantie, non ?

Pensez-y à deux fois.

Mensonges par omission

Lorsque nous pensons changer quelque chose dans nos vies, nous évoquons notre vision de l’avenir : quand nous serons plus mince, que nous aurons plus de réussite professionnelle ou plus de chance en amour.

Le problème est que ces images ont tendance à ne pas tenir compte d’une tonne de choses, et que ces choses laissées de côté ont un impact énorme sur notre bonheur.

Pourquoi perdre du poids ? Nous nous voyons enfiler une petite robe noire (surtout les femmes…) ou des costumes slim, recevoir des compliments et déambuler fièrement sur la plage.

Ce que nous ne voyons pas, c’est toutes les implications dans notre vie. Peut-être que notre épouse pourrait se sentir en porte-à-faux de nous voir être soudainement devenu « un autre » et craindre que nos centres d’intérêts incluent la séduction d’autres femmes…

Peut-être serons-nous ruinés parce que nous aurons dû dépenser des milliers d’euros dans une nouvelle garde-robe.

Peut-être devrons-nous passer le reste de nos vies à nous priver et à ressentir la faim constamment pour garder notre nouveau poids.

Peut-être que, même sur un visage amaigri, notre nez ressemblera toujours à un bec de perroquet.

Donc, à moins de relire cet article chaque fois que nous faisons une projection sur notre bonheur — ce qui est souvent le cas puisque nous passons 12% de notre temps à penser à l’avenir — nous risquons de probablement tout gâcher.

Malheureuses Comparaisons

De là où vous êtes, perdre 15 kilos peut vous sembler une aubaine.

Dans votre esprit, vous comparez ce nouveau « vous » en bikini, bondissant sur une plage, à la version altérée que vous voyez dans le miroir.

Bien sûr, perdre du poids vous rendrait plus heureux !

Le poids ne baisse pas en une semaine, à moins que vous ne soyez un concurrent de Koh-Lanta. Lorsque vous aurez perdu 25 kilos, vous aurez passé des semaines à vous concentrer sur votre poids-cible.

Les changements ont été lents, réguliers et à peine perceptibles.

Mais désormais, surgit une comparaison différente dans votre tête : votre amie qui, elle, est encore plus mince que vous, avec des triceps d’une fermeté absolue.

Soudain, vous vous rendez compte que vous devez perdre 10 kilos de plus, et vous ne serez pas heureuse tant que vous l’aurez pas fait.

Le bonheur est toujours relatif. Nous comparons ce que nous avions auparavant à ce que nous avons dans le présent et c’est ce qui nous fait nous sentir heureux ou triste.

Mais très vite, nous nous habituons à ce que nous avons et commençons à le comparer à ce que nous voulons.

C’est le tapis roulant hédoniste constant, qui fait qu’il est beaucoup plus difficile d’être heureux que ne le pensent nos cerveaux simplistes.

Coincé dans le présent

Une des raisons pour lesquelles nous faisons de fausses comparaisons lorsque nous prédisons l’avenir est que nous sommes coincés dans le présent. Nous ne pouvons imaginer correctement les choses comparées à aujourd’hui ; à travers le prisme de sentiments, de pensées et d’obsessions d’aujourd’hui.

C’est pourquoi il se dit que vous ne devriez pas aller faire des courses à l’épicerie quand vous mourez de faim. Les gargouillis de votre estomac polluent tellement votre rationalité que vous êtes incapable d’estimer correctement la quantité de nourriture dont vous aurez besoin pour la semaine qui vient.

Si vous passez des journées déprimées à cause de votre surpoids, ce sentiment est tellement accablant que vous êtes incapable de prédire correctement ce que vous ressentiriez sans ce surpoids.

Vous vous dites : Waow ! La vie serait tellement merveilleuse ! Je n’aurai plus aucun souci au monde ! Vous ne réalisez pas que vous serez probablement préoccupé par autre chose et que vous trouverez un nouveau problème à ruminer pour vous gâcher la vie.

Gilbert (neurologiste américain) appelle cette faille « le présentisme » et explique que, lorsque nous essayons d’imaginer l’avenir, nous pensons qu’en réalité il se passe dans le présent et invoquons les zones sensorielles du cerveau pour nous dire ce que nous en ressentirions. Mais nous sommes en train de penser ce que nous pourrions ressentir comme présent, pas comme futur.

La mauvaise version de l’histoire

Enfin, nous avons tendance à évoquer la version idéale du changement que nous imaginons. Bien sûr, quand vous serez mince, vous aurez une forme de sablier parfaite. Vous n’imaginez pas le scénario dans lequel toute cette perte de poids rapide vous laissera dégarni, la peau du ventre tombante ou les seins dans les chaussettes.

En fait, pour la plupart des changements futurs, plusieurs scénarios sont possibles.

Mais il est trop complexe de prendre en compte une douzaine de possibilités, et la probabilité que chacune d’entre elles se produise, pour décider si quelque chose nous rendra heureux. Nous nous concentrons donc sur une seule, et celle que nous choisissons est toujours assez idéale.

Comment déjouer son cerveau pour accéder au bonheur

Pour combattre notre saboteur cérébral, nous devons recourir à quelque chose qui semble ridicule. Mais c’est justement la raison exacte pour laquelle cela vous semble ridicule : c’est parce que votre cerveau essaie de vous saborder !

Gilbert recommande que nous posions la question aux personnes qui ont vécu l’expérience en question si elles en sont heureuses ou non.

Si vous connaissez quelqu’un qui vient de perdre 25 kilos, demandez-lui si cela l’a rendu plus heureux. S’il dit oui, cela vous rendra probablement plus heureux. S’il répond par la négative, ne jetez pas votre hamburger… (ou faites-le, mais pour d’autres raisons).

Croyez-le ou non, cela ne sert à rien de poser la question à quelqu’un qui a perdu 25 kilos il y a cinq ans. Nos mémoires sont notoirement peu fiables : nous avons tendance à nous rappeler les points saillants et à oublier les détails, comme dans notre imagination du futur, et à nous tromper totalement.

Gilbert sait que vous allez protester en arguant que tout le monde est différent, et « ce n’est pas parce que mon ami nouvellement mince est encore malheureux que je le serai ».

Il cite donc une étude : des personnes ont fait des prédictions assez justes sur le fait de savoir si elles aimeraient un événement à venir, bien qu’elles n’aient aucune idée de ce qu’était cet événement, simplement en lisant ce que les autres ont ressenti par rapport à cet événement.

C’est la solution simple à un problème complexe : téléphoner à un ami.

Si vous êtes tenté d’ignorer votre ami, souvenez-vous d’un autre fait agaçant : nous établissons des normes plus strictes pour les informations que nous ne voulons pas croire. Dites donc à votre cerveau de se détendre et suivez les conseils de quelqu’un d’autre.

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