La valeur Liberté
La liberté est probablement la valeur avec laquelle il me faut être le plus prudent lorsque je travaille avec des clients. La raison est que, compte tenu du nombre de façons de la définir, j’ai vraiment besoin de m’assurer de comprendre parfaitement ce que le client veut dire quand il parle de liberté.

Pour moi, c’est vraiment de la liberté de choisir ce que je veux, quand je veux, charge à moi de vouloir ce qui est bon pour moi dans mon environnement. Maintenant, je comprends que ce n’est pas toujours possible.

Même si j’aime me poser des contraintes pour progresser, j’aime l’autonomie. Je pense que la liberté est absolument indispensable à l’être humain pour être en mesure de réaliser la tâche qui lui est assignée pendant son incarnation. Tout travail réalisé dans la contrainte imposée de l’extérieur est, pour moi, sans portée.

On pourrait dire que la seule vertu de la contrainte extérieure est de permettre le travail sur soi-même pour comprendre pourquoi elle est inacceptable, pour comprendre la valeur de la liberté.
Dans la vie professionnelle comme dans la vie personnelle, restreindre la liberté de l’autre c’est automatiquement diminuer ses capacités d’évolution et ses performances. La croyance en vogue est que restreindre les libertés permet un meilleur contrôle et, de ce fait, une plus grande sécurité sur l’obtention des résultats attendus. Même si cela peut s’avérer parfois nécessaire à court terme, non seulement c’est complètement faux, mais ça a l’effet inverse à plus ou moins long terme.
Prenez l’exemple des lois : il y en a pour tout, de la taille des bananes à la fessée pour les enfants… Le résultat, et c’est un lieu commun de le dire, est la déresponsabilisation du plus grand nombre.
Je me souviens d’une discussion avec un très bon ami sur la générosité envers les défavorisés. Cet ami me dit que les défavorisés, c’est l’affaire de l’Etat puisque nous payons nos impôts. Il dit ne pas ressentir le besoin d’en faire plus, compte tenu des sommes astronomiques qu’il verse à l’Etat. Super ! Je lui demande : « et si tu rencontres, dans la rue, quelqu’un en train de mourir de faim ou de froid, est-ce que tu passerais ton chemin en toute bonne conscience parce que tu payes tes impôts ? » Sa prise de conscience fut évidemment instantanée et il répondit « bien sûr que non », mais cette anecdote montre à quel point notre cerveau peut se faciliter la tâche en matière de valeurs de vie en prenant des prétextes légalistes et généraux.
Si vous décodez les manipulations du système dans lequel nous vivons, vous vous apercevrez à quel point nous sommes conditionné pour accepter la privation de liberté. Le grand mot pour justifier tout cela est la sécurité… Belle illusion…
Sécurité sur les résultats prévus pour l’entreprise ou le service, sécurité par rapport aux terroristes, sécurité par rapport aux médicaments et vaccins en tout genre pour notre santé, la liste est sans fin.
On enterre l’humanité sous la sécurité ! De profundis…
Or, c’est prouvé, les deux plus grands facteurs de stress, dans la vie, sont le manque de choix et le manque d’autonomie. Comment s’étonner, dans ces conditions, de vivre dans une société stressée ?
Comme le stress prolongé et le bonheur s’excluent l’un l’autre, notre poursuite du bonheur personnel et collectif est forcément vaine si nous ne cultivons pas notre liberté. Liberté de penser, liberté d’aimer, liberté d’entreprendre, liberté de circuler, toute liberté est bonne à prendre pour qui sait s’en servir.
Mais, encore un lieu commun, toute la question est là : savoir se servir de sa liberté.
Est-il bon pour moi dans le monde (je veux dire pour moi et pour mon interaction avec les autres) d’aider un immigré en situation illégale ? Un certain nombre de personnes ont eu des problèmes avec la justice parce qu’elles aidaient d’autres personnes dans la détresse la plus absolue (hébergement ou même simplement permettre de recharger des téléphones portables…).
A l’inverse, la société me laisse la liberté d’adopter un comportement autoritaire et dévalorisant envers mes collaborateurs. Dois-je exercer cette liberté, même si elle devait m’apporter une satisfaction personnelle ?
Chacun se fera sa propre opinion, certes, mais au moins que celle-ci soit éclairée par un vrai système de valeurs.
Vous allez dire que je prêche pour ma paroisse, mais c’est la raison pour laquelle suivre un coaching de vie est important : pour déterminer votre propre système de valeurs et ainsi préserver votre liberté et celle des autres.
Ça ne me gêne pas que ce soit interdit d’insulter un policier, dans la mesure où il défend le même système de valeur que le mien. Evidemment, s’il est de mauvaise foi, s’il ment ou s’il est saoul, cette interdiction me paraîtra beaucoup plus pesante, j’en concevrai une forte frustration et donc un stress important.
Savoir identifier son propre système de valeurs et celui de la personne que l’on a en face, est primordial dans tous les domaines de la vie. Je me souviens m’en être beaucoup servi, et avec un succès certain, dans les négociations qui étaient la base de mon métier passé dans les fusions-acquisitions. C’est aussi primordial dans le domaine des relations sentimentales : il y aurait certainement beaucoup moins de divorces si les protagonistes échangeaient préalablement au sujet de leur système de valeurs respectif.
Encore faut-il en avoir un…
Selon moi, tout manager devrais s’être penché sur la question de façon approfondie s’il veut être performant dans la gestion de ses équipes et de ses résultats. C’est grâce à ce travail qu’il sera en mesure de favoriser, au maximum, la liberté de ses collaborateurs, donc de renforcer leur bien-être et d’optimiser leurs résultats. Je sais, par expérience, qu’il y a là une réserve de productivité beaucoup plus importante et durable que dans une délocalisation de la production…
Que tous les hommes sur terre n’aient pas mis en place un système de valeurs performant est évident et, j’allais dire, normal dans une société qui ne l’enseigne pas. Que des dirigeants politiques, économiques, que les managers ne l’aient pas fait me semble être une aberration. Comment diriger les autres si l’on ne sait pas se diriger soi-même dans ce qui nous unit aux autres ?
En présence de quelqu’un qui a un système de valeurs proche du mien, ma liberté ne finit pas là où commence la sienne, elles se nourrissent l’une de l’autre et engendrent un plus grand bonheur pour les deux.