J’imagine déjà vos réactions quand vous lisez le titre de ce post. C’est vrai que l’expression « utiliser les autres » peut avoir la connotation péjorative de les réduire à l’état de moyen, d’outil, pour atteindre un objectif qui ne concernerait que votre bénéfice personnel.

Et c’est bien là le problème !

Dans notre culture occidentale moderne, le summum de la fierté vient lorsque l’on peut s’attribuer personnellement la totalité de la réussite d’une action, d’un projet ou d’une entreprise. On s’est « fait tout seul », on est responsable unique de ses succès. Bref, on est indépendant et fier de l’être.

Pourquoi pas ? Mais est-ce si pertinent que ça ? Et surtout, est-ce si valorisant que ça ?

Sans vouloir enfoncer des portes ouvertes, prenons l’image de la goutte d’eau : une goutte d’eau peut être fière d’elle-même : elle est belle, elle se dit qu’elle transporte la vie en elle, et elle a raison.

Mais une goutte d’eau, seule, ne signifie quelque chose que pour une fourmi. Seul un minuscule insecte peut s’en désaltérer. Même une fleur se fiche de la goutte d’eau.

En revanche, une goutte d’eau qui tombe dans l’océan perd sa qualité de goutte d’eau. Elle n’existe plus en tant que telle, mais devient l’océan lui-même et participe ainsi à la régulation du climat mondial et à nombre d’autres choses encore, que je n’énumérerai pas ici tant il me serait impossible d’être exhaustif en la matière.

 

J’avais une cliente, en coaching de vie, qui se trouvait dans une situation de blocage absolu dans sa vie.

Après avoir connu une carrière professionnelle plutôt brillante, elle avait été soumise à du harcèlement moral de la part de son Directeur Général, avait fait un burnout et restait depuis 5 ans enfermée dans son appartement à ressasser ses griefs et à opposer une fin de non-recevoir à tous ceux qui voulaient l’aider. Sa vision de la vie l’empêchait formellement d’accepter l’aide des autres, sous peine de se sentir dévalorisée car dépendante.

Elle ressemblait plus à une morte vivante qu’à autre chose, en souffrait, mais n’avait qu’un seul modèle de comportement : l’indépendance comme source de valorisation. Elle voulait bien aider les autres, mais refusait obstinément toute assistance extérieure.

Au prix d’un effort vraiment important pour elle, elle avait réussi, néanmoins, à venir me voir pour essayer de trouver des solutions à une vie qui n’en était plus réellement une.

Je ne m’étendrai pas sur le contenu de nos séances de coaching de vie, mais, en fait, son immobilisme venait notamment de sa très grande difficulté à faire des choix.

Si on ne parvient pas à faire des choix dans sa vie, on stagne, du coup on perd toute confiance en soi. A partir de là, on ne peut imaginer que les autres nous accorde de la valeur. On perd alors également la confiance envers les autres et on se retrouve seul et en souffrance.

En s’appuyant sur une méthode extrêmement simple et efficace pour aborder ses choix, basée sur les valeurs de vie, elle a rapidement été en mesure de considérer les choses différemment et, notamment de faire appel à ses relations pour l’aider à se sortir de sa situation.

Après le travail sur la capacité à faire des choix, nous avons donc travaillé sur sa vision de l’indépendance comme seul modèle de développement, et sur le fait d’utiliser les autres pour sa propre progression.

 

En la matière, si instrumentaliser les autres pour atteindre un objectif personnel, voire égotique, semble voué à n’être qu’échec personnel à long terme, solliciter les compétences de son environnement et obtenir une implication volontaire dans une finalité qui devient commune reste, pour moi, la substance même de toute réussite valorisante et durable.

 

J’annonce un développement en deux parties, mais la première, qui devrait traiter du caractère abscons de l’instrumentalisation égotique des autres ayant déjà fait l’objet, de ma part, de posts précédents comme : Ne soyez pas un loser : Les 7 comportements perdants – part 7 : l’égocentrisme je vous épargnerai les redites… d’autant plus que m’étendre sans fin sur l’incohérence des comportements négatifs et clivant finit par m’ennuyer profondément…

En revanche, revenir sur le titre de ce post m’intéresse davantage (et je nourris le fol espoir que cela vous intéresse également…) : « utilisez les autres… ».

 Le sens profondément positif de cette expression vient, évidemment, du verbe « utiliser » et donc de la notion majeure dans une vie humaine d’utilité. Etre utile est un concept qui donne sens à nos vies.

Je le constate tous les jours avec les clients, jeunes retraités, qui viennent me voir. Après une vie de travail et ayant espéré une retraite paisible, ils s’aperçoivent que leur utilité sociale n’est plus évidente et, malgré des activités souvent caritatives, sombrent dans une forme de dépression dont l’une des composantes est la difficulté à être utile au niveau qu’ils souhaiteraient.

Dans l’injonction : « utilisez les autres » il y a deux aspects : le premier est : soyez initiateur de relations humaines d’unité pour construire votre progression personnelle ; le second est : donnez aux autres l’opportunité d’être utile car, ainsi, vous justifiez leur vie d’une certaine manière.

Pour prendre un exemple : lorsque vous donnez de l’argent à une personne qui mendie dans la rue, vous pourriez avoir le sentiment d’être dominant dans la relation, puisque vous procurez un moyen de subsistance à quelqu’un qui est en demande (alors que, vous-même, vous êtes indépendant et ne demandez rien à personne…).

La réalité est plus complexe. Vous n’êtes pas plus en position dominante que celui à qui vous faites la charité. Vous l’aidez matériellement, certes, mais lui vous procure l’opportunité de faire preuve de générosité. Il vous apporte l’occasion d’exprimer dans la réalité concrète l’une des meilleures parties de vous-même.

Il peut vous être reconnaissant de ce que vous lui donnez et vous pouvez lui être reconnaissant d’avoir créé une situation vous permettant d’extérioriser votre valeur de vie « solidarité ». Chaque protagoniste de cet exemple démontre son utilité.

Donc, lorsque vous demandez de l’aide à quelqu’un, certes c’est vous, au départ, qui êtes en position de demandeur, mais, par cette demande, vous justifiez également l’existence de l’autre.

Ensuite, soit la personne refuse votre requête pour des raisons qui lui appartiennent, et vous restez provisoirement dans votre état initial (d’autres aides viendront, ne vous inquiétez pas), soit la personne accepte de vous aider et vous aurez créé un lien d’utilité réciproque et donc d’unité avec elle. Et ça, c’est un sujet de fierté fort et pertinent pour vous.

L’utilité, quand elle est correctement mise en œuvre, est un lien fort qui fait progresser les êtres humains et le monde.

Alors soyez utile et rendez les autres utiles.

Utilisez les autres, c’est l’un des plus grands services que vous pouvez leur rendre.

 

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